Résumé exhaustif de l'ouvrage: La Voix de l'arbre de Bernard WERBER

Résumé et commentaires du roman: La Voix de l'arbre de Bernard WERBER

 
 

 

     Le récit s’ouvre sur Rose Pinson, 23 ans, et Aymeric Monestier, 29 ans, en randonnée dans la forêt du Ciron, au sud-est de Bordeaux. Rose est méfiante et agacée par l’enthousiasme de son compagnon qui l’emmène dans ce coin sauvage. Aymeric, passionné d’écologie, veut lui montrer un lieu exceptionnel. Ils s’enfoncent dans une nature dense et ancienne. Rose se plaint, évoque son allergie au pollen et s’inquiète du manque de réseau. Aymeric, lui, admire la pureté de l’environnement et parle d’un retour aux origines de l’humanité. Ils finissent par arriver devant un immense chêne pédonculé qu’Aymeric présente comme un monument végétal rare et fascinant. 

Rose, peu impressionnée, prend une photo pour le souvenir. Aymeric insiste sur la taille et la biodiversité de l’arbre, ce qui provoque l’indifférence de sa compagne. Aymeric révèle que l’arbre a 1 227 ans, témoin de nombreuses époques, de Charlemagne à Henri IV. Rose, moqueuse, décide de graver un cœur dans son tronc, laissant couler de la sève que son compagnon compare à une larme. 

Elle nie toute possibilité de souffrance végétale, ce qui entraîne une dispute entre eux. La tension monte : Rose s’énerve contre Aymeric, allant jusqu’à dire qu’elle a envie de le tuer. Leur querelle est interrompue par deux promeneurs qu’elle agresse verbalement. Finalement, l’altercation se transforme en un moment de complicité passionnelle. Aymeric propose de grimper dans l’arbre pour y faire l’amour, idée qui séduit Rose malgré ses hésitations. Rose, contrariée par l’obsession d’Aymeric pour l’arbre, propose de quitter la forêt. Mais un drame survient : une lourde branche se détache et s’écrase sur le crâne d’Aymeric, le tuant sur le coup. Sous le choc, Rose hurle, tente de réagir, mais son inhalateur d’asthme est vide. Elle perd connaissance au pied de l’arbre, tandis que son téléphone diffuse en boucle le message du répondeur des secours. 

Le récit bascule alors dans une parenthèse encyclopédique, décrivant l’apparition des premiers arbres sur Terre, il y a 385 millions d’années, et leur rôle fondateur dans la création d’une atmosphère riche en oxygène, permettant l’essor de la vie animale. 

La narration reprend à l’hôpital. Rose est soignée après sa crise d’asthme et son évanouissement. Ses parents, Olivier et Hortense, ainsi que sa sœur Capucine, apprennent du docteur Bauwen qu’elle est tirée d’affaire. Les causes de ses crises sont rappelées : une forte allergie au pollen et une sensibilité émotionnelle exacerbée. Les proches expriment leur inquiétude, mais la tension se relâche lorsque Rose finit par ouvrir les yeux et reconnaître sa famille. Rose se réveille à l’hôpital avec des images confuses : le chêne, Aymeric, l’accident. Son trouble attire l’attention des gendarmes, dont le lieutenant Giacometti, venu l’interroger. Malgré son état fragile, elle raconte l’accident : la branche tombée, la mort instantanée d’Aymeric, puis sa crise d’asthme. Elle décrit aussi leur relation et la dernière étreinte avant le drame. Son témoignage est difficile, ponctué de suffocations, au point que le médecin interrompt l’interrogatoire. L’affaire est désormais sous enquête officielle, avec autopsie prévue et expertise de l’arbre. 

Une semaine plus tard, Rose assiste aux funérailles d’Aymeric. Elle observe le cercueil, la famille en deuil, et surtout le père du défunt, dont la ressemblance avec son fils la bouleverse. Elle se rappelle qu’elle avait toujours refusé de rencontrer ses beaux-parents, voulant garder leur relation libre et non officielle, mais le destin en a décidé autrement. Le prêtre entame la cérémonie, marquant pour Rose la brutalité du vide laissé par Aymeric. Lors des funérailles d’Aymeric, Rose reste marquée par son hypersensibilité. Elle se rappelle son enfance et les premiers signes de ce trait envahissant : son incapacité à supporter certaines situations, bruits, odeurs ou injustices. 

Déjà petite, elle avait refusé de manger des produits de la mer après avoir vu une langouste bouger dans un vivier puis être servie morte dans son assiette. Ses parents, dépassés, l’avaient emmenée consulter une psychologue qui diagnostiqua un syndrome d’hypersensibilité chronique pathologique (HCP). 

Ses sens étaient surdéveloppés : audition au-delà du spectre normal, vision nocturne, odorat hyperfin. La psychologue la présenta comme une personnalité capable de tirer parti de ses sens dans des activités artistiques ou créatives, mais aussi exposée à de grandes fragilités. Cette différence l’amena à s’isoler, préférant les machines et les intelligences artificielles aux êtres humains, qu’elle jugeait bruyants, grossiers et peu fiables. Une première crise d’asthme en forêt confirma ses faiblesses physiques. Puis, son amour pour les baleines l’orienta vers un cursus universitaire mêlant informatique et étude du langage animal. Elle trouva un équilibre fragile entre solitude et plongées aux Açores, au contact de ces cétacés qu’elle considérait comme ses véritables alliés. C’est dans une salle d’escalade qu’elle rencontra Aymeric. Leur relation naquit d’un contraste : lui passionné par la nature et les arbres, elle enfermée dans un monde numérique et aquatique. 

Leur couple, fragile mais sincère, bascula lors de leur première randonnée commune dans la forêt du Ciron — qui s’avéra être la dernière pour Aymeric. Lors de l’inhumation, Rose parvient à garder son calme grâce à sa Ventoline. 

Elle rend hommage à son compagnon en déposant une gerbe avec l’inscription 

« À AYMERIC, MON AMOUR POUR TOUJOURS ». 

Face à son père, Pierre Monestier, qu’elle rencontre pour la première fois, elle est frappée par la ressemblance troublante avec Aymeric, jusque dans son parfum boisé. Rose rencontre le père d’Aymeric, Pierre Monestier, lors des condoléances. Elle lui raconte la chute de la branche, insistant sur le fait que son fils n’a pas souffert. Le père, bouleversé, la remercie, et Rose est frappée d’un étrange pressentiment : et si les arbres avaient été complices de la mort d’Aymeric ? De retour chez elle, dans sa chambre remplie de photos de baleines et d’aquariums, Rose repense aux bonsaïs que son père cultive pour son magasin. 

Elle voit dans leur condition une torture végétale et remarque, parmi eux, un minuscule chêne pédonculé. La nuit, elle rêve de l’accident dans la forêt. L’arbre blessé semble lui parler et lui transmet un message troublant : « Il faut que nous nous parlions. » Le roman s’interrompt par une nouvelle entrée encyclopédique sur la cicatrisation des arbres, expliquant leur vulnérabilité aux blessures et les pratiques ancestrales de protection. Au matin, Rose se réveille bouleversée. Le rêve est si net qu’elle doute de sa santé mentale. Pourtant, elle est convaincue que le chêne n’est pas un arbre ordinaire et que ce message n’était pas une illusion. Elle décide de retourner sur les lieux pour en avoir le cœur net. Rose retourne dans la forêt du Ciron pour confronter le chêne pédonculé. 

Elle l’interpelle, persuadée qu’il lui avait parlé en rêve, mais n’obtient en retour que le bruissement du vent dans ses feuilles. Furieuse, elle transforme le cœur qu’elle avait commencé à graver sur son écorce en tête de mort, l’accusant d’avoir tué Aymeric et lui jurant haine éternelle. 

Pourtant, en observant la sève qui s’écoule, elle hésite : larme ou simple résine ? De retour chez elle, elle partage son rêve avec sa famille. Son père et sa mère minimisent, pensant à un choc post-traumatique, mais Rose reste convaincue que les arbres sont conscients. Elle commence à se documenter et découvre les travaux d’un botaniste, Sylvain Wells, spécialiste de la communication entre végétaux et enseignant à Bordeaux, cousin du célèbre myrmécologue Edmond Wells. En apprenant qu’il donne une conférence le jour même, elle décide de s’y rendre. À son arrivée dans la métropole, elle est frappée par la pollution, le bruit et l’agressivité urbaine, contraste violent avec la forêt. Elle atteint finalement le département de botanique de l’université, dont l’architecture et l’ambiance végétale la marquent, malgré le pollen qui la fait immédiatement recourir à sa Ventoline. 

À l’université de Bordeaux, Rose assiste au cours du botaniste Sylvain Wells. Contrairement aux geeks de son milieu habituel, les étudiants de botanique ressemblent à des hippies, vêtus de couleurs vives. Wells, charismatique et sûr de lui, commence par rappeler que le Code Napoléon considérait les arbres comme de simples objets, puis introduit l’idée de la sensibilité végétale. 

 


 

Il évoque les expériences de Cleve Backster, criminologue de la CIA, qui dans les années 1960 aurait relié des plantes à un détecteur de mensonges. Selon lui, les végétaux réagissaient à l’eau, à la douleur (brûlures de feuilles), à la mort d’animaux (crevettes ébouillantées), et même à la souffrance d’autres plantes. Backster en avait conclu que les plantes possédaient une forme de conscience, bien que ses travaux n’aient jamais été validés scientifiquement. Wells décide alors de reproduire ces expériences devant les étudiants : en arrosant un dragonnier, en écrasant une blatte, en s’entaillant lui-même, puis en torturant des fleurs (marguerite gelée, rose brûlée). 

À chaque fois, le polygraphe détecte une réaction électrique de la plante, comme si elle « ressentait » les événements. La démonstration choque Rose mais la fascine aussi, renforçant son intuition. Après le cours, elle aborde Wells. Elle lui avoue qu’elle n’est pas étudiante en botanique mais en informatique, passionnée par le décryptage des langages non humains. Elle lui demande son aide pour tenter de communiquer avec le chêne pédonculé. 

Wells reste sceptique : aucune expérience n’a jamais été menée directement sur des arbres, et il n’a jamais essayé lui-même. Rose tente de convaincre Sylvain Wells de l’aider à mettre au point un système de communication avec les arbres, en s’appuyant sur ses compétences en intelligence artificielle et ses recherches sur le langage des baleines. Elle compare ce projet à une « pierre de Rosette » qui permettrait de déchiffrer le langage végétal. Wells, amusé mais sceptique, refuse : trop de travail académique l’attend, et il n’y croit pas. Déçue, Rose le juge prétentieux et fermé d’esprit. De retour chez elle, elle reprend son travail sur les chants de baleines. Ses enregistrements montrent des structures complexes, où les sons expriment non seulement des noms individuels mais aussi des statuts hiérarchiques et des signaux de séduction ou d’alerte. Rose admire l’élégance de ce système, bien plus subtil que la communication humaine. Au dîner, l’ambiance familiale dégénère. 

Rose, hypersensible, s’irrite du moindre bruit de mastication et se crispe face aux comportements de ses parents, qu’elle juge nocifs : son père boit, sa mère fume, sa sœur est en surpoids. La tension monte jusqu’à l’implosion. Rose accuse ses proches de polluer leur propre corps et l’air qu’elle respire, rappelant qu’elle est asthmatique. Son père explose à son tour, reprochant à toute la famille de devoir s’adapter à ses « problèmes psy ». L’incompréhension entre Rose et ses proches s’approfondit, renforçant son sentiment d’isolement. Le dîner tourne à l’affrontement. Rose accuse ses proches d’être dominés par les plantes : sa mère par le tabac, son père par le vin, sa sœur par le chocolat et le sucre. Selon elle, les plantes manipulent les humains en les rendant dépendants, les tuant à petit feu. Son père, excédé, lui reproche de délirer et d’être obsédée depuis la mort d’Aymeric. 

La tension est interrompue par l’arrivée du lieutenant Giacometti. Les gendarmes viennent arrêter Rose : son ADN a été retrouvé sur la branche qui a tué Aymeric, et des témoins affirment l’avoir entendue menacer son compagnon. Paniquée, elle s’enfuit à vélo, poursuivie par la police. Sa vision nocturne et son agilité lui permettent de semer la voiture dans la forêt, mais elle finit par se perdre. 

Errant au milieu des arbres, elle retombe sur le grand chêne marqué par la tête de mort qu’elle y avait gravée. Sa grand-mère lui revient en mémoire, et elle comprend qu’elle est prisonnière de la forêt. Pour échapper aux randonneurs nocturnes qui passent non loin, elle grimpe dans l’arbre et découvre une plateforme naturelle où elle peut se reposer. Épuisée et à bout, elle s’adresse directement au chêne, qu’elle a toujours considéré comme son ennemi. Elle demande son hospitalité pour la nuit, et comme rien ne se produit, elle prend ce silence pour une acceptation. Rose décide de donner un nom au chêne qui l’abrite. Après quelques recherches, elle le baptise Yggdrasil, en référence à l’arbre-monde de la mythologie nordique. Elle s’excuse pour la tête de mort qu’elle avait gravée et lui demande pardon. Dans son sommeil, l’arbre lui apparaît en rêve et lui transmet un message énigmatique : 

« Quand nous nous parlerons, tu comprendras. »

 Un passage encyclopédique détaille la légende d’Yggdrasil, pilier cosmique reliant les royaumes des dieux, des hommes, des morts et des créatures mythologiques, jusqu’au Ragnarök

Au matin, Rose se réveille au son d’un pic-vert. Elle se demande si elle devient folle ou si l’arbre communique réellement avec elle à travers ses rêves. Elle remarque aussi que le pollen environnant ne déclenche pas son asthme, comme si la forêt la protégeait. Un écureuil s’approche d’elle sans crainte, et elle partage un gland avec lui, renforçant son impression d’une harmonie nouvelle avec la nature. De son perchoir, elle contemple la beauté de la canopée, mais regrette l’absence de café, son addiction avouée. Son téléphone, protégé par un VPN, capte enfin du réseau. 

Elle découvre des messages : son père la supplie de se rendre pour ne pas aggraver sa situation judiciaire, tandis que sa sœur Capucine lui envoie un soutien inconditionnel, affirmant qu’elle croit en son innocence. Rose se sait désormais fugitive, coupée du monde des humains, et son regard se tourne vers les feuillages, comme si la forêt détenait sa réponse. Rose, convaincue que l’arbre Yggdrasil peut témoigner de l’accident d’Aymeric, décide de tout faire pour établir un dialogue avec lui afin de prouver son innocence. Elle retrouve, via le deep web, l’adresse du botaniste Sylvain Wells et se rend à sa demeure, une bâtisse délabrée envahie de végétation où un chêne pousse littéralement à travers le toit. Réveillé en pyjama, Wells l’éconduit sèchement, refusant de l’aider. 

Rose s’obstine, reste postée devant sa maison et adopte la stratégie des arbres : attendre immobile. Le lendemain matin, puis encore le soir, le professeur la retrouve toujours là, stupéfait par son entêtement qu’il qualifie de folie. Il menace même d’appeler la gendarmerie, mais Rose ne bouge pas. Malgré la faim et la fatigue, elle résiste, portée par la conviction que Wells finira par céder. Le soir, alors qu’elle tient toujours sa position, les odeurs de soupe et les sons d’un violoncelle résonnent depuis la maison. Rose reconnaît la Suite pour violoncelle n°1 de Bach, symbole d’un premier lien ténu, peut-être, avec l’homme qu’elle espère rallier à sa cause. Rose, frigorifiée et trempée par l’orage, est finalement recueillie par Sylvain Wells qui, malgré sa réticence, lui offre une serviette, des vêtements secs et un bol de soupe. Dans la chaleur du feu et sous le regard d’un renard domestiqué nommé Mathias, Rose tente de convaincre le botaniste de la gravité de sa situation. 

Elle avoue être recherchée pour le meurtre d’Aymeric, mais insiste : ce n’est pas elle, c’est Yggdrasil, le vieux chêne, qui a provoqué l’accident. Wells la croit folle. Rose explique qu’elle veut que l’arbre témoigne pour l’innocenter, car il lui a déjà parlé en rêve. Pour lui, cela relève du délire ; il la soupçonne même de l’avoir inventé pour cacher un crime. Mais Rose s’accroche : elle est convaincue que l’arbre désire communiquer et qu’il peut prouver la vérité. Le botaniste, partagé entre méfiance et curiosité, vacille face à l’insistance de Rose, qui se présente comme une fugitive sans autre refuge que sa maison. Wells, pipe au bec, observe cette jeune femme déterminée, hésitant encore entre la prendre pour une manipulatrice ou une visionnaire. Rose, épuisée mais déterminée, s’installe chez Sylvain malgré ses réticences. Elle pleure pour attendrir le botaniste, qui finit par lui céder une chambre remplie de plantes étranges : une sensitive (Mimosa pudica) qui réagit au toucher, un Desmodium gyrans surnommé « la plante qui danse » et qui bouge au son de certaines voix ou mélodies, ainsi que plusieurs plantes carnivores. 

Rose, d’abord méfiante à cause de ses allergies, s’émerveille devant leurs réactions et se sent progressivement en confiance au milieu d’elles. Avant de dormir, elle leur adresse la parole comme à des êtres vivants. La nuit, Yggdrasil lui apparaît encore en rêve, répétant son message mystérieux :

 « Quand nous nous parlerons, tu sauras ce qu’il s’est passé et ce qu’il va se passer. » 

Un passage encyclopédique explique le cas unique de la Boquila trifoliolata, une liane capable de se transformer pour imiter parfaitement la plante sur laquelle elle grimpe, au point de reproduire la forme, la couleur et même les nervures de ses feuilles — un mimétisme végétal troublant qui défie les explications scientifiques classiques. 

Au matin, Rose se réveille dans la maison de Sylvain, entourée des plantes et réconfortée par la présence du renard Mathias. Après un petit-déjeuner rustique et savoureux, Wells se montre plus ouvert à la discussion. Il lui confie avoir réfléchi toute la nuit à son projet : une machine pour parler aux arbres. Le botaniste détaille les modes de communication végétale : 

• Les phytoncides diffusés dans l’air, semblables à de minuscules messages chimiques.

• Les parfums et phéromones pour attirer ou repousser. 

• Le réseau mycorhizien souterrain, surnommé le Wood Wide Web, où circulent signaux électriques et chimiques entre racines. 

• Les ultrasons, découverts notamment chez les tomates et les plants de tabac, imperceptibles à l’oreille humaine mais mesurables par des micros spécialisés. Rose fait aussitôt le parallèle avec les baleines, dont elle a étudié les ultrasons, et comprend qu’un système hybride est possible. 

Ensemble, ils esquissent le schéma d’une machine combinant capteurs chimiques, capteurs électriques et micros ultrasensibles pour capter et traduire les signaux des arbres. Mais deux obstacles se dressent : Rose doit récupérer son ordinateur chez elle, malgré la surveillance policière, et Sylvain doit subtiliser du matériel de pointe à l’université sans autorisation. Tous deux se sentent engagés dans une aventure clandestine, animés par la même excitation. Wells propose alors de lui faire visiter son domaine. Après la serre, ils découvrent une écurie où deux chevaux les observent, ajoutant à l’étrangeté de ce lieu à la frontière entre science et nature sauvage. Sylvain fait découvrir à Rose son domaine, véritable sanctuaire d’animaux et d’arbres. 

Il lui présente Georges, un ancien cheval de course sauvé de l’abattoir, et Georgette, une jument ex-championne condamnée après un accident, ainsi que la chèvre Marie-Charlotte et ses poules baptisées les Spice Girls. Tous ont trouvé refuge auprès de lui, réhabilités en individus à part entière. La visite se poursuit par un incroyable réseau de cabanes, de passerelles et de tyroliennes suspendues dans les arbres, que Wells appelle son « métro aérien », avec des noms de stations de métro parisiennes. Du sommet d’un hêtre surnommé le Mât, il offre à Rose une vue panoramique sur Bordeaux et la forêt, véritable poste de vigie. Wells lui révèle aussi les secrets des arbres : leur stratégie d’évolution pour survivre, l’absence d’organes vitaux qui les rend résilients, et même l’existence d’arbres mâles et femelles comme les Ginkgo biloba, dont un couple pousse ensemble sur son domaine. Finalement, il avoue pourquoi il a changé d’avis : il ne croit pas à sa culpabilité et refuse qu’une innocente aille en prison. De plus, l’aventure scientifique vaut le risque. 

Pour Rose, c’est une lueur d’espoir : ensemble, ils décident de passer à l’action. La nuit venue, Rose s’infiltre discrètement chez ses parents afin de récupérer son ordinateur et ses affaires indispensables à la mise en œuvre du projet. Elle nourrit ses poissons avant de préparer son sac. Mais, au moment de quitter la maison, elle se retrouve face à son père Olivier, en pyjama et armé d’un fusil de chasse, qui la surprend en pleine fugue. Rose retrouve sa famille en secret. Son père, d’abord armé de son fusil, la reconnaît et l’étreint avec soulagement. 

Mais il insiste pour qu’elle se rende à la police, ce qu’elle refuse : elle est convaincue qu’Yggdrasil témoignera pour l’innocenter. Sa mère reste distante, tandis que sa sœur Capucine, bouleversée, accepte de s’occuper de ses poissons en son absence. Rose repart discrètement dans la nuit, consciente d’avoir franchi un cap : elle n’est plus une enfant dépendante, mais une fugitive assumant seule son destin. De retour chez Sylvain, elle ne le trouve pas : il est parti subtiliser du matériel à l’université. En l’attendant, elle se couche entourée de ses plantes compagnes. En rêve, Yggdrasil lui envoie un nouveau message : les arbres sont des antennes qui perçoivent et émettent des ondes, et plus ils sont anciens et immenses, plus leur portée est vaste. 

Un passage encyclopédique illustre ce pouvoir des rêves : plusieurs grandes découvertes scientifiques 

— la machine à coudre, la structure du benzène, le modèleatomique de Bohr, le tableau périodique de Mendeleïev, ou encore la découverte des neurotransmetteurs par Otto Loewi furent inspirées par des songes. 

Rose comprend alors que son intuition et ses rêves avec l’arbre s’inscrivent dans une longue tradition où le rêve révèle des vérités que la raison seule ne peut saisir. Rose découvre au matin que Sylvain est bien rentré avec le matériel électronique volé à l’université. Elle prépare le petit-déjeuner et lui confie son nouveau rêve : Yggdrasil lui a révélé que la communication ne devait pas passer par la chimie ou l’électricité, mais par les ondes, car les arbres sont comme des antennes. Intrigué, Wells se lance dans une réflexion scientifique. 

Il explique que les végétaux pourraient utiliser des ondes électromagnétiques de très basse fréquence (ELF), semblables aux champs cérébraux humains. Pour détecter ces signaux presque imperceptibles, il faudrait des capteurs ultrasensibles : 

les SQUID (Superconducting Quantum Interference Devices), déjà employés par les neurologues pour enregistrer les ondes du cerveau. Ensemble, ils identifient quatre bandes d’ondes : 

Delta (0,4–4 Hz) : celles des rêves. 


 

Thêta (4–7 Hz) : sommeil profond sans rêve.


 

Alpha (8–13 Hz) : méditation.


 

Bêta (14–30 Hz) : état d’éveil.

 


 

Selon Sylvain, les arbres communiqueraient probablement dans la bande des ondes delta, ce qui expliquerait pourquoi Yggdrasil parle à Rose en rêve. Enthousiasmée, elle propose d’utiliser cette piste, mais lui rappelle la difficulté : il faut trouver la fréquence exacte, comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Rose évoque alors un dicton de sa grand-mère : pour retrouver une aiguille dans le foin, il suffit de brûler la botte et de passer un aimant dans les cendres. 

Wells, impressionné par cette image, reste toutefois perplexe : pourquoi cette communication onirique ne fonctionne-t-elle qu’avec Rose ? Elle avance une hypothèse : sa propre hypersensibilité, pathologique mais unique, pourrait être la clé. Rose explique à Sylvain pourquoi elle seule semble pouvoir dialoguer avec Yggdrasil : son hypersensibilité pathologique la rend vulnérable aux émotions et au pollen, mais aussi plus réceptive aux ondes basses fréquences. Pour elle, la plongée est un refuge, car sous l’eau les sons sont atténués. 

Dans les rêves, son esprit fonctionne peut-être de la même manière, amplifiant ce que d’autres ne perçoivent pas. Sylvain, convaincu, promet de se procurer les capteurs SQUID afin de capter ces signaux invisibles. Il réussit à rapporter l’équipement, aidé par un ami neurologue, et installe le matériel. À table, autour d’un repas simple de légumes, Rose lui demande son histoire. Sylvain lui révèle alors son héritage familial : descendant de la lignée des Wells, dont Edmond Wells, encyclopédiste des fourmis, il poursuit lui aussi cette tradition en constituant sa propre encyclopédie des plantes. Il raconte ensuite la trajectoire de son père, botaniste du projet Radeau des cimes en Guyane, qui avait quitté sa famille pour s’installer avec une femme Wayãpi. Intégré à la tribu, il trouva la mort après une morsure de serpent venimeux. Sylvain, marqué par ce destin, partit sur ses traces et vécut lui-même chez les Xavántes au Brésil, épousant une femme indigène, Waïri. Mais son paradis s’écroula lorsqu’un incendie criminel ravagea la forêt. Sylvain avait découvert un pyromane préparant l’attaque, mais, incapable de tuer, il avait prévenu en vain les villageois. 

Le feu les encercla rapidement. Il survécut de justesse, mais vit sa femme mourir écrasée par un arbre en flammes. Le souvenir des cris, de la forêt en feu et de l’odeur de chair brûlée le hante encore. Sylvain poursuit son récit tragique : après l’incendie qui a ravagé le village Xavánte et tué sa femme Waïri, il a survécu grâce à un camion de pompiers. Mais il eut la stupeur de reconnaître au volant le pyromane qu’il avait surpris auparavant en train de préparer l’incendie. 

Ironie du sort : celui-là même qui avait provoqué la catastrophe venait de lui sauver la vie. Il tenta plus tard de le dénoncer, mais personne ne le crut : le pompier fut célébré comme un héros et décoré pour sa bravoure. Derrière lui se cachaient en réalité les intérêts d’une multinationale agroalimentaire allemande, qui profita du désastre pour installer d’immenses plantations de café, avec la complicité de responsables politiques corrompus. Dégoûté et brisé, Sylvain rentra en France. Il se consacra alors à l’enseignement de la botanique à Bordeaux et s’engagea dans l’écologie militante. Mais il découvrit vite l’hypocrisie et les compromissions des partis verts, obsédés par le pouvoir et prêts à sacrifier leurs idéaux pour des sièges électoraux. 

Lassé des magouilles, il quitta le militantisme politique pour s’installer dans sa forêt, en créant un sanctuaire où la nature évolue librement, sans intervention humaine. Rose, touchée par sa droiture et ses épreuves, gagne une admiration nouvelle pour lui. Sylvain, à son tour, se sent plus proche d’elle. Tous deux conviennent de poursuivre ensemble leur projet, convaincus que l’hypothèse de l’arbre-antenne vaut la peine d’être explorée. Rose propose alors de lui présenter Yggdrasil. Ils partent à cheval et atteignent la clairière où se dresse le chêne géant. Sylvain, impressionné, le contemple comme une œuvre d’art vivante. Il le touche, le renifle, et même en lèche l’écorce, avant de remercier Rose de lui avoir fait découvrir un être aussi fascinant. Sylvain et Rose contemplent Yggdrasil.

 Le botaniste, émerveillé, l’étudie comme un être vivant doté d’une histoire. Il lit ses cernes et y retrouve des traces d’événements marquants : la tempête de 1999, l’incendie de 2022. 

Mais leur émerveillement s’interrompt brutalement : ils découvrent un avis officiel de l’ONF annonçant une coupe rase dans la parcelle où se trouve l’arbre, sous prétexte de contamination par un champignon mortel. L’opération doit être menée par Monestier Corporation, l’entreprise du père d’Aymeric. 

Rose est sous le choc. Sylvain exprime ses doutes : ni Yggdrasil ni les autres arbres de la zone ne montrent de symptômes visibles de la maladie. Il suspecte une manipulation, une expertise truquée pour justifier l’abattage. Plus troublant encore : le fait que l’arbre lié à la mort d’Aymeric soit précisément sur la parcelle visée. Rose défend la mémoire d’Aymeric, rappelant que son père Pierre Monestier est considéré comme un bienfaiteur régional : ancien ébéniste devenu industriel du bois, meilleur ouvrier de France, créateur d’emplois, exportateur reconnu, surnommé même par les médias le « Robin des Bois français », député écologiste et présenté par son fils comme un futur président de la République verte. 

Mais pour Sylvain, ce tableau idyllique cache peut-être une toute autre vérité. Sylvain révèle à Rose la face sombre de Pierre Monestier. Derrière l’image médiatique de « Robin des Bois français », il dénonce un homme habile, charismatique, mais opportuniste. Selon lui, Monestier falsifie des expertises pour justifier des coupes rases dans des forêts anciennes, transformées ensuite en meubles de luxe. L’argument officiel : sauver les arbres d’une maladie. 

La réalité : profits colossaux, subventions publiques et replantations artificielles. 

Il lui montre des images terrifiantes : paysages ravagés où il ne reste que des souches, comparables à des champs de bataille. Les forêts luxuriantes, riches de biodiversité, sont remplacées par des monocultures de pins alignés, uniformes, pauvres en faune, fragiles face aux insectes (scolytes), inflammables et inadaptés aux zones tempérées. Pour Wells, c’est une trahison écologique. Rose peine à croire que le père d’Aymeric soit capable d’un tel cynisme, mais Sylvain insiste : les sommes en jeu effacent toute morale. Monestier, député écologiste, a même contribué à faire voter des lois favorisant financièrement les reboisements, dont il profite directement. Pour lui, Yggdrasil n’est pas seulement un arbre : il est désormais une cible, à abattre la semaine suivante. Pris dans l’urgence, Sylvain et Rose concluent qu’il faut accélérer leur projet : faire parler l’arbre pour sauver à la fois Rose et Yggdrasil. Rose et Sylvain baptisent leur invention : l’Arbrophone, une machine destinée à traduire le langage humain en langage des arbres et inversement. Rose esquisse les bases d’un dictionnaire « Yggdrasil Rose » avec les envies (boire, lumière, enfants…) et les peurs des arbres (vent, foudre, incendies, insectes, champignons). Mais soudain, l’alerte tombe : la gendarmerie encercle la maison de Sylvain. Rose comprend qu’elle a été trahie par la géolocalisation de son ordinateur portable. 

Sylvain l’aide à fuir : il lui confie son cheval Georges, un sac de survie et l’adresse d’une ZAD à Migelane, dirigée par un ami militant. La chasse s’engage : Rose galope dans la forêt, poursuivie par des gendarmes et des chiens. Elle sent l’étau se resserrer, persuadée que Pierre Monestier a mobilisé ses réseaux politiques pour intensifier les recherches. Comme une proie traquée, elle fuit à bride abattue, portée par la vigueur de Georges, qui retrouve ses réflexes de course. Mais les difficultés s’accumulent : son smartphone est déchargé, la privant de toute aide, et un drone la repère depuis le ciel. Pour ne pas être visible, elle cache Georges sous un feuillage dense, lui rend sa liberté, puis adopte elle-même une stratégie de camouflage, troquant sa veste voyante contre un sweat vert et avançant à couvert. Son nouvel objectif : devenir mimétique comme la liane Boquila trifoliolata, se fondre dans la forêt, disparaître parmi les arbres. Je poursuis sans interruption avec la suite. 

Rose retourne instinctivement vers Yggdrasil, refuge ultime. Elle s’y sent protégée, comme enveloppée par une énergie bienveillante. Elle croit entendre un chœur d’arbres, mêlé au chant d’un merle, renforçant son sentiment que la forêt l’accueille et la défend. Mais un chien de gendarmerie la repère et aboie furieusement. En panique, Rose supplie l’arbre de l’aider. En se concentrant comme avec les baleines, elle parvient à entrer dans une connexion profonde avec Yggdrasil. Des images affluent : lumière absorbée par les feuilles, sève nourrissant le tronc, force des racines reliées à tout le réseau forestier. L’arbre lui intime alors mentalement de monter. Elle escalade malgré la menace et échappe de peu à une chute mortelle. Elle comprend que la branche qui a tué Aymeric était vermoulue, rongée par des termites, renforçant l’hypothèse d’un accident naturel. Poussée par l’urgence, elle se glisse dans une cavité du tronc. Elle chute dans l’obscurité et se retrouve dans une sorte de grotte végétale, cœur secret de Yggdrasil. Là vit une famille d’écureuils qui, croyant à une intrusion, l’attaquent férocement. Rose, mordue et griffée, parvient à se défendre en allumant sa lampe torche. La lumière révèle le nid : un couple d’adultes et quatre petits, hostiles mais fascinants, gardiens involontaires de ce sanctuaire caché. Je poursuis immédiatement avec la suite. 

Rose échappe de justesse aux gendarmes grâce à l’abri secret offert par Yggdrasil. Cachée dans le tronc creux, elle découvre un refuge inattendu : un espace habité par une famille d’écureuils et des chauves-souris. Après un moment de tension, les animaux tolèrent sa présence, et Yggdrasil lui transmet en rêve un message clair : 

« Bienvenue chez moi ». 

Le lendemain, réveillée par le tambourinement d’un pic-vert, Rose réalise qu’elle a trouvé son sanctuaire. 

Elle remercie l’arbre pour son hospitalité et lui confie qu’elle va devoir rester quelque temps, le temps que ses poursuivants se lassent. Elle comprend que l’arbre communique avec elle non seulement par les rêves mais aussi par des signes concrets — comme l’avoir guidée vers cette cachette invisible. Rose réfléchit à l’Arbrophone : il devra traduire cette communication onirique en langage matériel, utilisable pour convaincre les humains. Pour elle, l’urgence est claire : si elle échoue, Yggdrasil sera abattu et elle finira en prison. Alors qu’elle se sent enfin apaisée, un nouveau danger apparaît : un frelon asiatique, insecte envahissant et redouté, capable de massacrer des ruches entières. Son bourdonnement lourd et menaçant brise l’instant de sérénité, rappelant à Rose que même au cœur de la forêt, les périls ne cessent jamais. Je continue directement avec la suite. 

Rose est attaquée par des frelons asiatiques, envahisseurs redoutés. Piquée à la main, elle comprend que seule la destruction du nid peut la sauver. Guidée par une intuition venue d’Yggdrasil, elle grimpe et trouve la colonie. Avec courage, elle capture le nid entier dans son sac, descend et le noie dans un ruisseau, éradiquant l’essaim. Cette victoire lui redonne confiance, malgré la douleur de ses blessures. 

Dans la rivière, elle observe une biodiversité foisonnante : écrevisses, grenouilles, loutres, visons européens, rapaces… autant d’espèces rares et précieuses qui confirment la valeur sacrée de la forêt. Mais sa sérénité est interrompue par une colonne de scouts en uniforme. Rose, prudente, retourne se cacher près d’Yggdrasil. C’est alors qu’un événement extraordinaire se produit : des abeilles sauvages la guident jusqu’à leur ruche et, en signe de gratitude pour l’avoir débarrassées des frelons, déposent sur sa paume du miel — leur trésor le plus précieux. Rose, émue, comprend qu’elle est désormais reconnue par les habitants de la forêt comme une alliée. 

De retour dans son refuge, elle s’installe dans le tronc creux avec ses compagnons écureuils et chauves-souris, organisant l’espace comme un véritable foyer. Mais une pensée la rattrape : sans son smartphone, elle est coupée du monde extérieur, comme ses ancêtres autrefois. Son univers se réduit à la forêt et à Yggdrasil, dont elle doit désormais dépendre entièrement. Rose découvre les difficultés d’une vie sans technologie : plus de repères horaires, plus de géolocalisation, plus de notes ni de jeux pour se distraire. Elle se sent comme une Robinson Crusoé moderne, isolée non pas par l’océan mais par l’hostilité humaine. 

Elle s’adapte pourtant, lit l’Encyclopédie de Sylvain et trouve du réconfort auprès des animaux du tronc. Les écureuils finissent par dormir sur elle comme une couverture vivante. En rêve, Yggdrasil lui envoie un message clair : 

« Il me tarde de te parler ». 

Un encart encyclopédique rappelle que Lucy, l’ancêtre australopithèque, passait elle aussi ses nuits dans les arbres, ce qui relie Rose à une mémoire très ancienne de l’humanité. Au matin, elle s’éveille parmi les mésanges, observe les parents nourrir leurs petits et médite sur la simplicité des deux moteurs de la vie : nourriture et reproduction. Elle se lave dans le ruisseau, se fait une toilette sommaire, et réfléchit à sa condition : coupée du monde moderne, elle retrouve des sensations primitives, celles de ses ancêtres chasseurs-cueilleurs. Elle réalise que la sédentarisation, l’agriculture et l’élevage, bien qu’ayant apporté sécurité alimentaire, ont aussi introduit la hiérarchie, l’injustice, la maladie et le stress. 

La vie nomade des anciens, bien que plus exigeante, semblait plus équilibrée et égalitaire. En comparant ces réflexions à sa propre fuite, Rose se sent paradoxalement en harmonie avec ce mode de vie « hors du système ». Un violent orage éclate sur la forêt, transformant le sanctuaire de Rose en piège dangereux. Trempée, glacée, meurtrie par la grêle, elle erre désorientée jusqu’à finalement regagner, épuisée, la maison de Sylvain. Mais au lieu du soutien attendu, elle trouve le botaniste prostré, fumant une étrange pipe d’où s’échappe une fumée bleutée aux relents poivrés. Sylvain semble résigné, désabusé : il raconte comment, en Amazonie, il avait eu l’occasion d’empêcher un crime écologique mais avait choisi de fuir. Depuis, il se perçoit comme un lâche incapable d’agir. Il prêche désormais une philosophie de la résignation, persuadé que se battre est inutile, que tout n’est que décomposition, et que « le futur appartient aux champignons ». 

Sa vision cynique heurte Rose, qui tente de le réveiller en évoquant la destruction des forêts et l’urgence écologique. Mais Sylvain reste apathique, drogué par sa pipe, spectateur du monde qu’il voit sombrer. Rose, dépitée et frigorifiée, se réfugie sous la douche. La chaleur, les odeurs familières du savon et du shampooing la réconfortent. Revêtue de vêtements secs empruntés à Sylvain, elle retrouve un semblant de normalité et tente à nouveau de le secouer, café à la main. Mais le botaniste reste figé dans son nihilisme, affirmant que « tout le monde se fout de tout le monde », y compris lui-même. La scène bascule ainsi dans une confrontation idéologique : Rose, portée par l’instinct de vie et de résistance, face à Sylvain, englouti par sa désillusion et sa fuite dans les psychotropes. Rose découvre avec stupeur que Sylvain est dépendant à l’opium, une habitude héritée de ses blessures en Amazonie et entretenue depuis. 

Il défend sa dépendance en invoquant des artistes célèbres qui y auraient eu recours, et justifie sa passivité par cette échappatoire. Pour lui, l’opium est une paix illusoire face à l’effondrement du monde. Exaspérée, Rose l’accuse de fuir et de s’autodétruire. Elle tente de le ramener à la réalité en rappelant leur mission : l’Arbrophone, projet vital pour sauver la forêt. Dans un geste de révolte, elle lui arrache sa pipe et la brise dans la cheminée. La réaction de Sylvain est violente : il devient menaçant, comme privé de son ancre. Pour le calmer, Rose ose un geste radical : elle l’embrasse. Ce baiser suspend le temps, surprend Sylvain au point de le figer. Rose s’enfuit ensuite se coucher, partagée entre la mémoire d’Aymeric et son attirance naissante pour le botaniste. La nuit venue, Sylvain la rejoint finalement dans sa chambre. Mais au lieu d’un élan amoureux, il s’endort aussitôt contre elle, lourd et ronflant, prisonnier encore des effluves d’opium. Un encart encyclopédique introduit alors un parallèle : la sexualité des arbres, diverse et complexe. Hermaphrodites, monoïques ou dioïques, les arbres déploient une richesse reproductive insoupçonnée, comme les ginkgos dont le pollen nage grâce à un flagelle, rappelant les spermatozoïdes humains. 

Cette analogie naturaliste reflète en filigrane les tiraillements de Rose et Sylvain entre désir, reproduction symbolique et alliance à inventer. Après une nuit agitée, marquée par la présence ambiguë de Sylvain, Rose s’éveille aux côtés du renard Mathias. Tandis que la pluie continue de tomber, elle savoure un moment de calme, se prépare un petit-déjeuner et réfléchit à son baiser de la veille, oscillant entre espoir et doute. Lorsque Sylvain apparaît enfin, métamorphosé — rasé, habillé sobrement, l’air clair — il remercie Rose de lui avoir « ouvert les yeux ». Il confesse avoir sombré dans l’opium par désespoir, incapable d’affronter ses échecs passés et la mort de ses compagnons en Amazonie. Mais désormais, il se sent regonflé par sa rencontre avec elle et par le projet commun de l’Arbrophone. 

Dans un geste symbolique, il se débarrasse de ses réserves d’opium. Autour d’un petit-déjeuner partagé, ils reprennent leur alliance. Sylvain propose de poser des capteurs sur le chêne du salon pour capter ses fréquences de communication, et d’enquêter via ses anciens contacts écologistes et à l’ONF pour tenter de bloquer la coupe rase de la parcelle 103-683

Rose reste troublée par leur proximité : il la tutoie, mais évite son regard, peut-être par gêne liée à leur différence d’âge, à son rôle de professeur, ou au fait qu’elle est une fugitive. Malgré tout, ils passent la journée à travailler ensemble, dans une atmosphère de collaboration renouvelée, tandis que l’orage continue de battre la maison. Rose et Sylvain installent enfin les capteurs Squid sur le chêne du salon et commencent à capter des signaux électromagnétiques. Le flux n’est encore qu’un grésillement confus, mais Rose applique ses méthodes de nettoyage des données sonores pour tenter de rendre la communication intelligible. Pendant ce travail, Sylvain reçoit un appel de son amie Garance Toussaint, forestière à l’ONF. 

Elle lui révèle des anomalies troublantes dans le dossier de la parcelle 103-683 : la même experte a signé tous les rapports de contamination, utilisant toujours la même photo de feuille malade, preuve fabriquée de la présence du champignon. Plus grave encore, cette experte a travaillé par le passé pour Monestier Corporation. Mais la révélation la plus douloureuse pour Rose survient ensuite : selon Garance, le véritable concepteur du système accéléré de coupes rases n’est pas Pierre Monestier… mais Aymeric lui-même. Diplômé d’école de commerce, il avait mis en place les méthodes de sélection des parcelles et les stratégies de communication. Pour Rose, c’est un choc insoutenable : celui qu’elle croyait amoureux des arbres aurait en réalité participé à leur destruction. 

Sylvain la confronte : « Le connaissais-tu vraiment ? » Rose nie d’abord, se réfugie dans ses souvenirs et ses certitudes, mais doit se rendre à l’évidence en découvrant les documents officiels. Le contraste entre l’image idéalisée de son compagnon et ses actes réels la bouleverse. Ils concluent qu’il n’existe qu’une seule issue : prouver l’intelligence et la conscience des arbres grâce à l’Arbrophone, et établir un dialogue qui pourrait forcer l’opinion à s’opposer à la coupe. Mais le temps presse : il ne reste que dix jours. C’est alors qu’une explosion assourdissante secoue la maison, les projetant au sol, interrompant brutalement leur projet naissant. La foudre frappe de plein fouet le chêne du salon, provoquant une explosion dévastatrice. L’arbre est réduit en cendres fumantes, le toit éventré laisse entrer la pluie, et la maison est ravagée. 

Mais au milieu du chaos, Rose et Sylvain découvrent quelque chose d’extraordinaire : le chêne a « crié » en mourant, un hurlement enregistré par les capteurs Squid sur une fréquence précise : 1,618 Hz. Ce chiffre n’est autre que le nombre d’or, proportion sacrée de l’harmonie, retrouvée dans l’art, l’architecture, la nature et même dans la disposition des feuilles des arbres. La découverte les bouleverse : le cri de l’arbre n’est pas un hasard, mais un signal codé dans la langue même de l’univers. Malgré la maison en ruines, ils se remettent aussitôt au travail. Rose adapte son programme de communication avec les baleines pour le synchroniser avec l’Arbrophone. 

Ensemble, ils perfectionnent leur système de traduction, convaincus d’avoir enfin trouvé la clé du dialogue avec les arbres. L’objectif est clair : tester l’Arbrophone sur Yggdrasil. Rose affirme que c’est lui qui l’a appelée à communiquer. Sylvain accepte, mais propose d’attendre que la pluie cesse. Pendant qu’ils préparent un repas frugal devant la cheminée, Rose raconte comment elle a échappé aux gendarmes en se cachant dans le tronc creux d’Yggdrasil. Sylvain confirme que c’est courant chez les arbres pluriséculaires frappés plusieurs fois par la foudre, preuve de la résilience de ces géants. Leur projet approche de son moment décisif : l’Arbrophone va enfin être branché sur Yggdrasil. Rose et Sylvain s’élancent à cheval vers Yggdrasil, décidés à tester leur invention. Une fois arrivés, ils installent avec soin les capteurs Squid autour du tronc millénaire, reliés à l’analyseur et à l’ordinateur. Rose, cependant, ne peut cacher son trac : si cela échoue, elle n’aura bientôt plus nulle part où fuir. 

La tension monte : Sylvain fixe la fréquence 1,618 Hz, celle du cri du chêne foudroyé, et encourage Rose à commencer. La jeune femme hésite, puis lance un simple 

« Bonjour ? »

 dans le micro. Sur le polygraphe, une réaction se dessine, infime, mais bien réelle. L’arbre semble recevoir le message… sans parvenir à répondre. Rose réitère, demande s’il la comprend. Toujours le silence, seulement un fond de murmure indistinct. Frustrée, elle propose une méthode plus simple : répondre par « oui » ou « non ». Cette fois, le polygraphe s’anime, et avec un léger décalage, une voix masculine sort du haut-parleur : 

« … Oui. » 

L’émotion est immense. Rose éclate en larmes, Sylvain la serre dans ses bras. L’Arbrophone fonctionne. 

Pour la première fois de l’histoire, un arbre parle le langage des humains. Ils filment aussitôt l’événement. Rose poursuit avec une autre question : 

« Es-tu prêt à discuter ? » 

Et la même voix grave, lente, résonne de nouveau : 

« … Oui. » 

Pour l’instant, le vocabulaire de l’arbre semble limité à ce seul mot. Mais pour Rose, c’est déjà une victoire inestimable : une passerelle est née entre deux mondes. La première véritable conversation avec Yggdrasil commence. L’arbre décrit les humains comme des êtres qui bougent tout le temps et qui ne vivent pas longtemps. Puis, il reconnaît Rose : il l’a déjà « perçue » directement dans son esprit, confirmant que leurs rêves étaient bien une forme de dialogue. 

Quand Rose ose poser la question la plus lourde — 

« As-tu tué l’homme qui était avec moi ? »

 — Yggdrasil répond : 

« Oui. » 

Il avoue avoir fait tomber la branche volontairement sur Aymeric parce qu’il « voulait détruire les arbres » et que c’était nécessaire pour préserver les siens. Pour Rose, c’est une révélation capitale : l’arbre lui offre le témoignage qui pourrait l’innocenter. Mais catastrophe : la batterie du smartphone de Sylvain est morte juste avant, et aucune preuve n’a été enregistrée. Rose, bouleversée, frôle la crise d’asthme. Sylvain tente de la rassurer en soulignant qu’ils ont au moins prouvé que l’Arbrophone fonctionne. Mais à peine le temps de respirer que surgissent les gendarmes, menés par le lieutenant Giacometti. Rose est arrêtée sur-le-champ. Malgré les protestations de Sylvain, ils l’emmènent menottée dans une fourgonnette. Durant le trajet, Rose repense aux deux moments fondateurs qui lui donnent encore de la force : l’aveu de Yggdrasil et le baiser de Sylvain. Elle promet intérieurement de se battre pour sauver la forêt, malgré la trahison d’Aymeric. 

À la gendarmerie, Giacometti lui révèle comment ils l’ont retrouvée : en surveillant et géolocalisant le smartphone de Sylvain. Rose insiste : elle a parlé à un arbre, et l’arbre a avoué le meurtre d’Aymeric. Mais ses paroles semblent glisser sur les gendarmes, qui échangent seulement un regard entendu. Rose est incarcérée à la gendarmerie de Langon, isolée dans une cellule sordide. Elle tente de garder courage en repassant mentalement les moments forts de la journée, surtout la voix d’Yggdrasil et le baiser de Sylvain. Mais à sa grande surprise, ce n’est pas un officier qui l’interroge en premier, mais Pierre Monestier lui-même. L’écologiste médiatique, père d’Aymeric, se révèle brutal et haineux. Derrière son image publique, il laisse éclater son vrai visage : il la menace, regrette l’abolition de la peine de mort et promet de faire de sa vie un cauchemar. Rose, loin de se laisser intimider, l’accuse ouvertement d’hypocrisie et de corruption, évoquant son commerce lucratif fondé sur de fausses expertises et la destruction de forêts anciennes. Monestier rit et réaffirme ses ambitions politiques, indifférent aux accusations. Rose lui promet de tout révéler aux médias dès sa sortie. Après cette confrontation, elle retourne dans sa cellule, mange sans appétit son plateau-repas et s’endort. 

Dans son rêve, Yggdrasil lui apparaît et lui dit simplement : 

« J’AI BIEN AIMÉ NOTRE CONVERSATION. REVIENS. » 

Au matin, Giacometti lui apporte un petit-déjeuner fade mais lui annonce deux nouvelles : elle sera interrogée par le capitaine Tavanel, et surtout, l’affaire a fuité dans la presse. Le journal local fait sa une avec son visage aux côtés de celui d’Aymeric. Rose, imperturbable, garde son calme et affirme : 

« Normal. Je suis innocente. » 

Sa sérénité étonne Giacometti, mais elle explique que la force que lui donnent ses deux expériences récentes — l’amour naissant et le dialogue avec l’arbre — suffit à lui donner le courage d’affronter ce qui l’attend. Rose est conduite devant le capitaine Tavanel, un homme fatigué, usé par le métier, dont le tic de langage « n’est-ce pas » ponctue toutes les phrases. Face à lui, elle doit répondre aux accusations : photos de sa dispute avec Aymeric, ADN retrouvé sur la branche, témoignages l’incriminant. Rose explique qu’elle a ramassé la branche après coup, mais Tavanel reste sceptique. Quand il lui demande qui est le coupable, Rose répond calmement : « Yggdrasil. » Le capitaine croit d’abord à un surnom humain, puis réalise qu’elle désigne un chêne millénaire. Décontenancé, il pense à une démence et parle d’expertise psychiatrique. 

Mais Rose insiste : l’arbre a agi en légitime défense, car Aymeric préparait une coupe rase. 

Elle dévoile alors leur invention : l’Arbrophone, conçu avec le professeur Sylvain Wells, et affirme qu’il peut prouver scientifiquement les aveux de l’arbre. L’air ironique du capitaine se fissure quand Rose souligne que la vérité est ce qu’il recherche, « n’est-ce pas ? ». Intrigué par la caution scientifique, il accepte de convoquer Sylvain. À la surprise de Rose, Tavanel annonce que Sylvain est déjà dans la salle d’attente de la gendarmerie. Mais elle n’a pas le droit de le voir : elle est renvoyée en cellule, en espérant que le botaniste saura mieux convaincre que ses propres explications jugées farfelues. Dans sa cellule, Rose souffre de l’absence de nature : le béton et le métal l’oppressent. Elle ressent désormais son besoin vital de contact avec les arbres, comme autrefois avec les baleines. Les platanes visibles depuis la petite lucarne lui apportent un réconfort, leurs feuilles bruissant comme un chant de soutien. Le lieutenant Giacometti vient lui annoncer deux nouvelles : le capitaine Tavanel accepte d’interroger Yggdrasil comme témoin dans l’enquête, et Sylvain a insisté pour que Rose assiste à l’expérience. L’espoir renaît en elle. 

Un encart encyclopédique rappelle que dans l’Antiquité, le chêne de Dodone servait d’oracle en Grèce : ses bruissements, amplifiés par les prêtresses, révélaient la volonté des dieux. Rose se sent ainsi reliée à cette tradition immémoriale des arbres messagers. Le cortège de gendarmes, Tavanel, Giacometti, Sylvain, trois experts scientifiques et un huissier se rend dans la clairière d’Yggdrasil. Rose, menottée, est conduite au milieu de ce dispositif officiel. Elle voit le chêne comme une cathédrale vivante, désormais vouée à devenir le centre de toutes les attentions après douze siècles de discrétion. Sylvain installe avec méthode l’Arbrophone : capteurs Squid autour du tronc, analyseur, ordinateur, polygraphe, micro et haut-parleur. Tout est branché sous le regard des experts. 

Le capitaine ordonne le début du test, et Rose, enfin libérée de ses menottes, prend place devant l’ordinateur pour ajuster son programme. Les premiers mots tombent : la fréquence choisie est 1,618 Hz, celle du cri du chêne foudroyé, proportion universelle de l’harmonie. C’est à travers ce canal que doit s’ouvrir le dialogue décisif entre l’homme et l’arbre. La démonstration de l’Arbrophone devant les gendarmes, les experts et l’huissier commence sous tension. Rose lance un « Bonjour » hésitant, mais Yggdrasil garde le silence. Tavanel, excédé, s’apprête à clore l’expérience, convaincu d’une mascarade. Désespérée, Rose plaque sa main contre l’écorce, supplie intérieurement l’arbre, invoque même les écureuils. Enfin, le polygraphe s’anime : une voix grave sort du haut-parleur. « … Je t’entends. » Le miracle a lieu. Rose poursuit le dialogue : l’arbre la reconnaît comme celle qui a dormi dans son tronc. 

Interrogé sur Aymeric, Yggdrasil confirme : « … Oui. » 

Puis : « … Je devais le faire. » et explique qu’Aymeric voulait le tuer, comme il l’avait déjà fait pour d’autres forêts. À la question de Tavanel sur la précision du geste, l’arbre détaille : ses branches affaiblies par les termites étaient maintenues par un flux de sève ; il a cessé de les nourrir pour en laisser tomber une, guidé par ses racines qui détectaient la position exacte d’Aymeric. Les gendarmes, médusés, voient leurs experts confirmer l’absence de manipulation technique. 

L’huissier consigne tout. Tavanel demande à Giacometti de tout filmer et transcrire. Rose signe le procès-verbal : le témoignage de l’arbre est désormais acte officiel, transmis au procureur. La jeune femme, tremblante mais soulagée, réalise que la vérité est enfin reconnue : Yggdrasil a avoué le meurtre d’Aymeric. Après l’aveu d’Yggdrasil, Rose est reconduite en cellule. Mais l’ambiance a changé : les gendarmes la regardent désormais avec une sorte de respect mêlé de crainte, comme si elle était devenue une sorcière. Le lieutenant Giacometti lui apporte la nouvelle : le capitaine Tavanel a transmis au procureur un rapport concluant l’enquête. Mais une « fuite » a tout bouleversé : la secrétaire du procureur a mis en ligne la vidéo de l’interrogatoire. 

Résultat : le témoignage de l’arbre est devenu viral, avec déjà plus d’un demi-million de vues. Peu après, Rose apprend sa libération. Elle sort sous les flashs et les micros des journalistes. Sa famille est là, émue, et au milieu de la foule surgit Sylvain sur son cheval Georges, façon chevalier venu délivrer sa belle. La scène, captée par les caméras, ressemble à un conte de fées scientifique et romantique. Ils regagnent la maison du botaniste, mais l’instant intime qu’espérait Rose est interrompu : son père Olivier, sa belle-mère Hortense et sa sœur Capucine s’invitent avec de quoi dîner. 

Autour de la table, Olivier monopolise la parole, vantant les qualités exceptionnelles de sa fille et racontant son enfance hypersensible. Rose, gênée, n’aspire qu’à se retrouver seule avec Sylvain. La soirée se déroule malgré tout dans une atmosphère familiale. Capucine avoue avoir tremblé en voyant l’expérience avec l’arbre, Hortense garde son calme en fumant, tandis que Rose et Sylvain échangent des regards complices, impatients de se retrouver enfin. 

La soirée avec la famille de Rose vire à un dîner envahissant : son père Olivier monopolise la parole, vantant son hypersensibilité et son parcours, tandis que Capucine relaie l’emballement médiatique : articles enthousiastes sur « l’invention du siècle » et sur Yggdrasil élu personnalité de l’année. Mais très vite, l’opinion se retourne : Pierre Monestier dénonce une imposture, les influenceurs écologistes et certains scientifiques crient à la manipulation. Rose comprend que des forces puissantes orchestrent ce retournement de l’opinion publique. Sylvain téléphone à Garance, qui promet d’enquêter. Selon lui, les coupes rases ne servent pas seulement à l’argent facile : un enjeu plus vaste se cache derrière. Épuisée, Rose laisse les siens poursuivre la soirée et se réfugie dans sa chambre. 

Ses pensées s’assombrissent : tout ce qui l’entoure — parquet, meubles, bois de cheminée — lui paraît désormais comme autant de cadavres d’arbres. Seule l’espérance d’un rêve avec Yggdrasil lui rend de la force. L’arbre lui apparaît en effet, plus grave qu’à l’accoutumée. Il lui transmet un message urgent : « Tu dois parler à un arbre en particulier. Il est loin, à l’ouest, connecté à tous les arbres du monde. C’est le plus âgé, le plus grand. Il a quarante-sept mille branches. » Un nouvel horizon s’ouvre : la quête d’un arbre mythique, dépositaire d’un savoir universel. Le matin suivant, Sylvain réveille Rose en urgence : Yggdrasil a été abattu. Dans la clairière, le spectacle est insoutenable : le tronc gît au sol, réduit à une souche qui saigne encore de sève. Les mésanges, écureuils et abeilles volent autour du cadavre végétal comme une population chassée de son foyer. Rose s’effondre, suffoque, frôle une crise d’asthme — sauvée in extremis par l’inhalateur que Sylvain avait emporté. Enragée, elle découvre les traces profondes d’un bulldozer, qu’elle suit à cheval. 

L’engin, encore sur place, porte la mention « MONESTIER CORPORATION ». Le conducteur, paniqué, plaide qu’il n’a fait qu’obéir aux ordres. Mais Rose ne cherche pas sa vengeance sur lui : sa colère vise plus haut. Chevauchant Georgette, elle fonce au galop à travers la forêt, traverse la lisière, longe l’autoroute et atteint enfin le siège de la multinationale. Derrière les grillages, elle voit des montagnes de troncs empilés comme dans un cimetière, ainsi que des bulldozers identiques à celui qui a tué Yggdrasil. Sans hésiter, elle pousse sa jument à franchir l’obstacle. La scène se déroule comme au ralenti : Georgette bondit et atterrit dans l’enceinte. Rose, le visage dur, pénètre sur le site de la Monestier Corporation, résolue à confronter ceux qui ont ordonné ce crime. Rose, envahie par la rage, pénètre dans les hangars de la Monestier Corporation. 

Elle découvre l’horreur industrielle : des broyeurs réduisent les troncs géants en poudre, transformée ensuite en granulés « bio » destinés à la centrale de Gardanne. Tout est étiqueté d’un cynique « Produit fabriqué à base de déchets de bois ». 

Guidée par un employé terrorisé, Rose surgit dans le bureau de Pierre Monestier, hache en main. L’homme, pris de panique, tombe à terre, implorant sa vie. Il tente de jouer sur l’émotion : il affirme avoir « vengé son fils », rappelle qu’Aymeric l’aimait, et accuse Yggdrasil du meurtre. Leurs voix, leurs regards, même leur parfum se confondent dans l’esprit de Rose : l’ombre d’Aymeric se superpose à l’image de son père. Elle tremble, prête à frapper. Au dernier instant, Sylvain l’arrête. Il la retient fermement et lui souffle qu’abattre Monestier le transformerait en martyr. 

« Lui, c’est l’ancien monde ; nous, nous sommes l’avenir », dit-il. Il propose une autre arme : la politique. 

Convaincre l’opinion et les institutions avec l’Arbrophone plutôt que par la violence. Un parallèle est alors tracé dans l’encyclopédie : la politique des arbres. Comme les humains, ils négocient, se disputent les ressources, mais aussi s’entraident et régulent leur croissance pour la survie collective. Certains s’allient contre les espèces invasives comme les ailantes, preuve que même dans la nature, il existe une forme d’écosystème politique. Rose, haletante, baisse enfin la hache. Elle comprend que la lutte ne fait que commencer, mais qu’elle doit se mener sur un autre terrain que celui de la vengeance. Rose et Sylvain, désormais amants, savourent un moment d’intimité retrouvé après l’affrontement avec Monestier. Le désir longtemps retenu s’est enfin exprimé, et chacun se sent plus complet auprès de l’autre. Pourtant, derrière cette tendresse, l’image d’Yggdrasil abattu hante toujours Rose comme la perte d’un proche. Au matin, les réalités reprennent vite le dessus : sur Internet, les réactions restent polarisées. Certains la voient comme une passionaria courageuse, d’autres comme une folle dangereuse. 

Monestier, en revanche, garde le silence, probablement pour préserver son image à trois mois des élections. Sylvain dévoile alors son plan : créer une nouvelle ZAD dans la forêt du Ciron pour bloquer les coupes et affronter Monestier sur son propre terrain politique. Il a déjà mobilisé ses anciens amis militants, Garance Toussaint et surtout Guillaume Aldebert, un vétéran de Migelane. Rose, sceptique, comprend qu’elle est devenue malgré elle la figure médiatique de cette lutte. Mais une révélation supplémentaire change la donne : dans les hangars de Monestier, Rose a vu des montagnes de sacs de granulés destinés à la centrale électrique de Gardanne. Pour Sylvain, cette piste est un joker décisif, car elle relie les coupes rases à un trafic énergétique masqué derrière le label « bio ». 

Bientôt, la maison de Sylvain grouille de monde : Garance, Guillaume, puis près d’une centaine de militants affluent pour préparer la résistance. Et à la surprise de Rose, sa propre mère Hortense se joint au mouvement. L’ancienne femme effacée, toujours dans l’ombre du père, se révèle déterminée et fière de soutenir sa fille. Elle promet même d’arrêter de fumer, voyant dans ce combat une façon de donner enfin un sens à sa vie. Le campement prend ainsi une tournure familiale et collective : une armée joyeuse, éclectique et prête à défendre la forêt contre l’empire de Monestier. 

La mobilisation culmine dans une confrontation frontale. Devant la parcelle menacée, cinq bulldozers de la Monestier Corporation attendent, protégés par une centaine de CRS casqués. Rose, poussée par Sylvain, prend la parole au mégaphone. Elle proclame la défense de la plus ancienne forêt de France, et ses mots galvanisent les zadistes et arrachent les larmes de sa mère. Mais le commandant moustachu des CRS entame son compte à rebours. Les grenades lacrymogènes explosent, plongeant la scène dans un brouillard irrespirable. Rose, protégée par un masque et des lunettes, hésite entre la fuite et le combat. Le chaos est violent : coups de matraque, poings, manches de pioche, cris de douleur. Elle n’ose frapper, se contente d’esquiver. Finalement, elle est arrêtée et embarquée par les forces de l’ordre — mais bientôt libérée par Guillaume et ses zadistes. Contre toute attente, le préfet, effrayé par les images retransmises en direct, ordonne la fin de l’assaut. 

La zone est tenue par les zadistes. Guillaume explique : « C’est ça, la politique : de la com’. » Autour des feux encore fumants, Sylvain prend Rose par les épaules et annonce la suite : elle doit tenir une conférence de presse immédiatement, devant les journalistes restés sur place. Rose, épuisée, rêve seulement d’un café et des bras de son amant. Mais tous la poussent à accepter : c’est son baptême politique, son rôle de porte-parole, la chance de transformer la lutte en symbole national. Elle accepte à contrecœur, priant de trouver les mots justes sans artifice. Rose est propulsée sous les projecteurs lors d’une conférence de presse improvisée autour de la souche d’Yggdrasil. Soutenue par Sylvain et Garance, elle monte sur l’estrade de fortune et s’adresse aux journalistes. Elle se présente simplement, puis explique sa démarche : avec Sylvain, elle a inventé l’Arbrophone, permettant de dialoguer avec les arbres. 

Mais son objectif dépasse l’invention : sauver la plus ancienne forêt de France, menacée de coupe rase. Son discours s’élève : elle rappelle que l’humanité doit son existence aux forêts, qu’elles absorbent le CO₂ et rejettent l’oxygène. Elle souligne le paradoxe des politiques actuelles : remplacer des chênes millénaires par des plantations de pins industriels, fragiles, pauvres en biodiversité et hautement inflammables. Puis elle lâche une bombe : les arbres centenaires ne finissent plus en meubles ou en papier, mais sont broyés en granulés de bois vendus comme « produit bio »… destinés aux centrales électriques, comme celle de Gardanne, pour produire de l’électricité. 

« Nos belles forêts sont transformées en électricité », accuse-t-elle. L’auditoire est stupéfait. Rose dénonce l’hypocrisie d’un système subventionné par l’État et financé par les impôts. Puis, dans un geste audacieux, elle annonce la création d’un nouveau parti écologiste dissident, pour remplacer les formations corrompues et défendre réellement les forêts. Enfin, elle invoque l’émotion : elle parle d’Yggdrasil comme d’un compagnon perdu, montre une grande photo du chêne avant l’abattage, transformant son discours en symbole. La foule et les médias réagissent vivement : ce n’est plus seulement une étudiante, mais une figure politique en train de naître. Rose franchit un cap historique : devant les journalistes, elle annonce sa candidature aux élections législatives sous l’étiquette du tout nouveau parti 

VDA – La Voix de l’Arbre

Sa déclaration suscite un tollé médiatique. Elle promet de défendre les forêts primaires, la biodiversité et l’air des générations futures, quitte à affronter directement Pierre Monestier, député écologiste en place et industriel destructeur de forêts. Provocatrice, elle va plus loin : si elle est élue, elle consultera les arbres via l’Arbrophone pour connaître leur opinion. Puis, dans un effet de manche, elle propose même que des arbres siègent à l’Assemblée nationale et, à long terme, qu’ils soient représentés à l’ONU. 

L’idée fait rire et choque, mais marque les esprits : les journalistes tiennent leur « petite phrase », et l’ovation qui suit transforme Rose en icône. La conférence de presse scelle aussi une victoire immédiate : l’annonce publique et la mobilisation populaire obligent le préfet à suspendre la coupe rase, et même les CRS se retirent. Guillaume Aldebert proclame la victoire : la ZAD a tenu bon. Trois mois passent. La campagne électorale bat son plein. Rose, symbole de la lutte, mène une intense bataille médiatique, notamment sur les réseaux sociaux. 

Le premier tour arrive, dans une atmosphère caniculaire. Dans la cour du magasin familial « Flower of Love », ses proches, les zadistes, les journalistes, et même des alliés inattendus comme Tavanel et Giacometti suivent les résultats. Les sondages donnent Rose et Monestier au coude-à-coude, chacun à 40 %, loin devant l’extrême droite à 20 %. Mais un obstacle demeure : les grands partis traditionnels se méfient d’elle, outsider sans appartenance claire, surtout depuis qu’elle a proposé une représentation des arbres en politique. Pour eux, une telle idée échappe à tout contrôle et remet en cause leurs codes. Rose et Sylvain restent lucides : l’opinion aime la forêt comme symbole, mais n’est pas encore prête à sacrifier son confort (chauffage, électricité, meubles, barbecues). Leur pari repose donc sur la peur des catastrophes écologiques, seules capables de réveiller une société anesthésiée. Quoi qu’il arrive, même en cas de défaite électorale, Rose et le VDA ont déjà initié un mouvement inédit, indépendant et radicalement tourné vers l’avenir. 

Les résultats tombent : Pierre Monestier triomphe avec 71 % des voix, réélu dès le premier tour. L’extrême droite arrive deuxième avec 23 %. Rose et son parti VDA plafonnent à 6 % seulement. La claque est terrible. Les espoirs de Rose, nourris par les sondages encourageants, s’effondrent. Elle s’était déjà projetée à l’Assemblée, siégeant avec un chêne centenaire comme représentant des arbres… Mais la réalité la rattrape. Pendant que Monestier jubile à la télévision et annonce même sa candidature à la présidentielle, Rose fuit les caméras, incapable de contenir ses larmes. Dans la chambre, elle craque dans les bras de Sylvain. Celui-ci tente de la rassurer : ce n’était qu’une élection, il y en aura d’autres. Mais Rose souffre d’avoir donné, malgré elle, une tribune supplémentaire à son adversaire. Sylvain lui apporte néanmoins une bonne nouvelle : la société Sonoplus, spécialisée dans le matériel hi-fi, veut commercialiser l’Arbrophone sous forme d’appareil grand public. 

Ils voient dans le dialogue avec les plantes un marché thérapeutique et psychologique prometteur. Sylvain a déjà déposé le brevet, à leurs deux noms. Autour d’un verre de vin, ils imaginent l’avenir : des Arbrophones portatifs vendus en grandes surfaces, permettant à chacun de parler à ses plantes ou à un arbre de jardin. Rose reste sceptique, mais reconnaît le potentiel. Sylvain lui montre un sachet contenant sept glands d’Yggdrasil, ramassés après l’abattage. Leur projet de renaissance est clair : replanter l’arbre ailleurs, sous d’autres formes. 

La défaite électorale n’est donc pas la fin. L’héritage d’Yggdrasil peut renaître, et leur invention peut changer le monde autrement que par les urnes. Après la cuisante défaite électorale, Rose et Sylvain reprennent espoir avec l’idée de replanter les glands d’Yggdrasil. 

Mais à peine le temps de se remettre qu’une nouvelle inattendue survient : un ambassadeur du Danemark à l’ONU, Daniel Olsen, vient lui proposer une tribune internationale. Séduit par son discours et son authenticité, il l’invite à s’exprimer à l’Assemblée générale de l’ONU et à défendre la création d’une « ambassade des arbres ». Son projet est audacieux : considérer les forêts comme une nation à part entière, avec Rose comme interprète officielle grâce à l’Arbrophone. 

Elle pourrait même proposer aux Nations Unies de reconnaître les arbres comme un nouvel État membre. Olsen insiste : face à la destruction des forêts en Tasmanie, au Japon ou ailleurs, une telle voix serait capitale. Mais Rose, épuisée par la campagne, refuse catégoriquement. Elle se dit « inapte à la politique » et estime avoir échoué en France, donc ne pas être légitime à l’international. Cependant, ses paroles trahissent un doute. En évoquant son refus, elle se souvient soudain des derniers mots d’Yggdrasil avant sa mort : « L’arbre le plus ancien, le plus grand, qui a quarante-sept mille branches. » Cette énigme resurgit avec force, comme si une piste s’ouvrait à elle — un autre arbre, ailleurs dans le monde, porteur d’un savoir plus vaste encore. 

Rose comprend soudain le dernier message d’Yggdrasil : « l’arbre aux quarante-sept mille branches » n’est autre que Pando, le « géant tremblant », un organisme unique formé de quarante-sept mille peupliers clonés, reliés par un réseau de racines dans l’Utah. Vieux de seize mille ans, couvrant quarante-trois hectares et pesant six mille tonnes, Pando est considéré comme l’être vivant le plus vaste, le plus lourd et le plus ancien de la planète. Rose décide donc de partir aux États-Unis avec Sylvain, non pas pour New York et l’ONU, mais pour rencontrer ce colosse végétal. Ils atterrissent à Salt Lake City, louent une Mustang rouge et traversent les paysages arides de l’Utah. Sur la route, ils observent un ciel écrasé de chaleur, des monocultures sans vie, des villages monotones. Rose songe : si Yggdrasil a pu « se connecter » jusque-là, c’est que les arbres possèdent un réseau de communication d’une ampleur inimaginable. 

Sylvain compare ce système à celui du Very Large Array, le réseau d’antennes radioastronomiques : des petites unités reliées entre elles, plus puissantes qu’une antenne géante isolée. Pour lui, l’Arbrophone s’inscrit dans la lignée des grandes découvertes de traduction — Champollion pour les hiéroglyphes, Rawlinson pour le cunéiforme, Knorozov pour le maya, ou même Edmond Wells avec les fourmis. Rose et lui seraient les passeurs d’une civilisation parallèle : celle des arbres. Après plusieurs heures de route, un signe apparaît : un nuage stationnaire au-dessus d’une zone boisée. Sylvain explique que les arbres, en rejetant de la vapeur d’eau et des phytoncides, génèrent nuages et pluie, jusqu’à former de véritables « rivières volantes » en Amazonie. 

C’est ce nuage qui les guide jusqu’à Fishlake, où s’étend Pando. Ils prennent une chambre décorée de motifs navajos, témoignages d’anciennes spiritualités où les arbres étaient vénérés. Depuis le balcon, Rose contemple l’immense forêt dorée par l’automne, et une idée soudaine lui traverse l’esprit, qu’elle s’apprête à confier à Sylvain… 

Sur le balcon du motel, Rose confie une intuition vertigineuse : et si les arbres étaient l’aboutissement des réincarnations humaines ? 

Une fois l’âme délivrée du cycle des renaissances, elle trouverait refuge dans l’écorce, devenant ainsi quasi immortelle. Sylvain tempère — les arbres meurent aussi, par tempête, sécheresse ou scie humaine — mais reconnaît qu’ils ne sont pas limités par une programmation biologique de mort. Au restaurant du motel, entre deux parts de pizza géantes et un chanteur de country vantant les forêts américaines, Rose réalise combien son empathie a changé : désormais, même une fourchette jetable en bois lui paraît être le vestige d’un organisme sacrifié. Elle se dit prête à vivre la rencontre avec Pando comme une révélation. 

Un rappel encyclopédique fait alors le lien avec la méditation de Bouddha sous le figuier des pagodes (Bodhi) : lui aussi avait trouvé l’Éveil au creux d’un arbre, concluant que « rien n’existe par soi-même, tout est relié ». Le lendemain matin, Rose et Sylvain partent à cheval vers la forêt de Fishlake, tout leur matériel d’Arbrophone dans les sacs. Pando se déploie comme une mer de peupliers orangés. Rose se fie au message d’Yggdrasil : « le plus grand, le plus ancien, quarante-sept mille branches ». Mais soudain, un orage colossal éclate. Les chevaux s’affolent, les projettent à terre et s’enfuient, les laissant seuls et trempés au milieu des troncs. La foudre éclaire le ciel, le tonnerre résonne comme la colère de Pando. Tremblants, ils se sentent minuscules devant cette entité millénaire. Puis le calme revient. Guidés par l’instinct, ils découvrent un peuplier bien plus grand que les autres. 

Rose comprend : c’est sans doute l’interlocuteur désigné, l’antenne principale de Pando. Ils s’assoient au pied du géant, prêts à installer l’Arbrophone et à entamer le dialogue. Rose et Sylvain installent l’Arbrophone au pied du gigantesque peuplier de Pando. 

Dès le premier « Bonjour », la réponse tombe, brutale : 

« Partez. » 

L’arbre explique qu’Yggdrasil l’avait prévenu de leur venue, mais qu’il est trop tard : l’humanité a causé trop de mal, et le dernier incendie en Indonésie est « l’incendie de trop »

. Pando les accuse de n’être que des parasites, voués à être recyclés en compost. Le ton est implacable : les arbres et d’autres espèces souhaitent l’éradication des humains avant qu’ils ne détruisent toute la planète. Rose, suffoquant sous un déluge de pollen et de phytoncides toxiques, plaide sa cause. Elle jure qu’elle n’est pas une ennemie, qu’elle veut convaincre les siens de changer. 

Mais Pando répète, inébranlable : 

« Trop tard. » 

L’orage enfle, le ciel s’assombrit comme si la forêt toute entière les rejetait. Finalement, après ses supplications, Pando accepte de parler. Il entreprend un long exposé : 

• Les plantes sont apparues il y a 385 millions d’années, transformant le CO₂ en oxygène et rendant la vie animale possible. 

• Elles ont coopéré avec les insectes pollinisateurs, mais aussi utilisé d’autres espèces comme armes contre leurs ennemis (coccinelles contre pucerons, fourmis contre termites). 

• Elles ont mis en place le réseau mycorhizien souterrain, nourrissant les champignons pour transmettre des messages d’alerte sur de longues distances. 

• Elles ont scellé des pactes avec les oiseaux et les chauves-souris pour combattre les chenilles, puis produit des fruits sucrés pour attirer les grands animaux, qui disséminaient leurs graines dans leurs excréments. 

L’arbre conclut : les plantes ont toujours modifié leur corps pour s’adapter, devenant plus hautes, plus dures, plus résistantes. Contrairement aux humains, elles ne bougent pas frénétiquement à la surface du globe : elles évoluent de l’intérieur pour survivre. Rose et Sylvain écoutent, fascinés et terrifiés, ce récit de la stratégie millénaire des arbres, où toute autre forme de vie n’est qu’outil ou menace. 

Pando poursuit son terrible réquisitoire. Les arbres, après avoir offert fruits et abris, ont constaté que les humains abusaient : feu, déforestation, monocultures. Ils se sont défendus par des fruits empoisonnés, puis en privant les hommes de nourriture. L’agriculture, née du défrichage, a rompu les communications végétales, transformant l’humanité en espèce nuisible. 

Pando révèle qu’il a été désigné comme coordinateur mondial des plantes. Grâce aux filaments de champignons, aux pollens puis aux vibrations (ondes hertziennes, 1,618 Hz), les arbres ont perfectionné leur communication. Ils ont d’abord accru leurs fruits toxiques, puis pris le contrôle des esprits humains via tabac, pavot, coca, cannabis. Enfin, ils ont envoyé des messages oniriques aux chamans et druides. Mais ces minorités n’ont pas pu empêcher la destruction des forêts. La conscience globale des arbres n’exprime plus que souffrance et animosité. 

Pando confesse que déjà, par le passé, ils ont coordonné l’élimination d’une espèce jugée néfaste : les dinosaures. Sève toxique, pollens irritants, chaque arbre a contribué. Les quarante-sept mille peupliers bruissent alors, comme une assemblée qui débat. 

Rose et Sylvain comprennent : Pando est une personnalité multiple, un Parlement végétal. Puis survient un basculement. L’Arbrophone traduit : « … Il faut que vous sachiez. Les choses sont différentes. Un élément nouveau nous oblige à réfléchir : vous. » La communication claire et directe avec Rose change tout. Les arbres se rendent compte qu’un dialogue est possible sans rêves ni drogues. Pando annonce avoir convaincu les siens de laisser encore une chance aux humains — à condition qu’ils changent radicalement leur comportement. Sinon, l’élimination sera inévitable. Rose sent que tout repose désormais sur elle : un temps pour écouter, comprendre, expliquer, puis agir. Ses décisions détermineront l’avenir des deux civilisations, humaine et végétale. 

Suit alors la postface de l’auteur, où Bernard Werber raconte l’origine du roman. 

 

 L’idée remonte à une nouvelle écrite en 2002, L’Ami silencieux, où la voix off d’un récit se révélait être celle d’un arbre témoin d’un meurtre. Inspiré par ses échanges avec le botaniste Gérard Amzallag, qui avait démontré les capacités d’adaptation et de communication des plantes, Werber voulait explorer ce dialogue sur fond d’enquête criminelle. 

Une autre influence majeure fut sa rencontre avec Jan Kounen, cinéaste initié aux pratiques chamaniques amazoniennes, notamment via l’ayahuasca. Ces récits d’expériences d’union avec les arbres, ainsi que ses propres sensations de connexion en écrivant ou en méditant au contact de la nature, nourrirent le projet. Werber insiste sur l’absurdité moderne : détruire des forêts anciennes, résistantes et bénéfiques, pour les remplacer par des monocultures de pins fragiles, puis broyer ces arbres centenaires en granulés dits « bio » pour produire de l’électricité. Il affirme sa conviction que les arbres ont des choses essentielles à nous dire, et que nous négligeons gravement leur protection, même au sein des institutions censées les défendre. 

Il conclut en rappelant que chacun porte déjà en lui une petite « Rose », cette capacité à ressentir et à dialoguer intérieurement avec les arbres, pour peu qu’on prenne le temps de s’y ouvrir. Enfin, il remercie son éditrice, ses proches et collaborateurs, ainsi que divers auteurs et amis ayant partagé leurs expériences chamaniques. 

En annexe, il cite les musiques écoutées pendant l’écriture, de Kate Bush à Bach en passant par Woodkid, qui ont accompagné la transe créative du roman. 

Synthèse de l'ensemble:  

1. Le drame fondateur 

Rose, une jeune étudiante hypersensible et passionnée de nature, est accusée du meurtre de son petit ami Aymeric Monestier, retrouvé écrasé par une branche d’un chêne millénaire nommé Yggdrasil. Elle jure que c’est l’arbre lui-même qui a provoqué l’accident. Pour prouver son innocence, elle se réfugie chez Sylvain Wells, botaniste marginal vivant retiré dans une forêt sanctuaire. Elle le convainc de l’aider à construire une machine capable de dialoguer avec les arbres : l’Arbrophone. 

2. La découverte du langage des arbres 

Rose et Sylvain expérimentent sur les modes de communication végétale : 

• Phytoncides et odeurs chimiques. 

• Réseau mycorhizien (le Wood Wide Web).

 • Ondes et ultrasons imperceptibles à l’oreille humaine. La clé est trouvée après un coup de foudre : les arbres « parlent » sur une fréquence particulière, 1,618 Hz, celle du nombre d’or. Branché à Yggdrasil, l’Arbrophone traduit enfin une réponse humaine : « Oui ». L’arbre reconnaît Rose et avoue avoir tué Aymeric pour protéger la forêt de ses projets destructeurs.

 3. Le combat contre Monestier Mais la situation s’aggrave : 

• L’ONF annonce l’abattage d’Yggdrasil, sur ordre de la Monestier Corporation, dirigée par le père d’Aymeric, Pierre Monestier, industriel du bois et député écologiste opportuniste. 

• Rose est traquée, arrêtée, puis jugée. Grâce à l’expérience officielle menée avec gendarmes et experts, Yggdrasil témoigne et confirme son geste. Rose est libérée. Mais quelques jours plus tard, le chêne est abattu par les machines de Monestier, laissant Rose anéantie. 

4. De la science à la politique 

Rose transforme sa douleur en lutte. Avec Sylvain, elle fonde un mouvement militant, puis un nouveau parti politique : 

VDA (Voix de l’Arbre). Elle propose même d’élire des arbres à l’Assemblée nationale via l’Arbrophone. Portée par les médias, elle devient une figure écologiste… mais échoue aux élections face à Monestier. En consolation, Sylvain lui offre les glands d’Yggdrasil, symboles d’une renaissance possible. 

5. Le voyage initiatique vers Pando 

Rose se souvient alors du dernier message d’Yggdrasil : « l’arbre aux quarante-sept mille branches ». Avec Sylvain, elle part aux États-Unis rencontrer Pando, l’organisme cloné de peupliers, vieux de 16 000 ans, considéré comme l’être vivant le plus vaste du monde. Grâce à l’Arbrophone, ils engagent un dialogue. Mais Pando se révèle implacable : 

• L’humanité est une espèce nuisible, destructrice des forêts.

 • Les plantes se souviennent avoir déjà éradiqué des espèces (comme les dinosaures). 

• Les arbres sont prêts à en finir avec nous. Pourtant, la présence de Rose et sa sincérité ouvrent une brèche : Pando accepte d’accorder une dernière chance à l’humanité, à condition qu’elle change radicalement son rapport à la nature. 

6. La conclusion et le message 

L’histoire s’achève sur Rose, consciente que son rôle dépasse sa propre vie : elle est devenue l’interprète des arbres. Ses choix détermineront l’avenir commun de l’humanité et de la forêt. L’auteur, Bernard Werber, explique ensuite dans une postface l’origine du roman : une nouvelle écrite en 2002 (L’Ami silencieux), ses discussions avec des botanistes, ses échanges avec des chamans et ses propres ressentis d’écrivain « en transe ». Il insiste sur l’urgence écologique et la nécessité de considérer les forêts comme des êtres vivants indispensables à notre survie.


 En résumé

 
La Voix de l’Arbre est à la fois :
Un thriller écologique (un meurtre mystérieux, une enquête judiciaire).
Un roman d’anticipation scientifique (la création de l’Arbrophone).
Un conte philosophique (la voix des arbres, la remise en cause de la place de l’homme).
Un manifeste écologique (dénonciation des coupes rases, des granulés de bois, et de la 
politique hypocrite).
C’est l’histoire d’une jeune femme qui, en écoutant la forêt, devient le passeur entre deux mondes : 
celui des humains et celui des arbres.

 Message central du roman :


1. Une alerte écologique radicale


• Les forêts anciennes sont essentielles : elles captent le CO₂, rejettent l’oxygène, abritent une 
biodiversité unique et régulent le climat.
• Pourtant, elles sont sacrifiées pour l’argent facile : coupes rases, monocultures de pins 
fragiles, transformation des troncs centenaires en granulés “bio” pour produire de 
l’électricité.
• Le roman dénonce cette hypocrisie, où ce qui détruit la nature est présenté comme une 
énergie « verte ».


2. Les arbres comme civilisation


• Les arbres ne sont pas des décors passifs mais une civilisation millénaire dotée :
o de langages chimiques, électriques et vibratoires,
o de réseaux de communication (mycorhiziens, ondes, pollens),
o de stratégies d’alliance et de défense (fruit sucré pour les animaux, toxique contre les 
ennemis).
• Leur intelligence collective dépasse l’échelle humaine.
• Les arbres voient l’humanité comme une espèce invasive, destructrice, menaçant l’équilibre 
de la planète.


3. L’humanité face à un ultimatum


• Yggdrasil et Pando représentent la voix des arbres : ils rappellent que l’homme n’est pas au 
sommet de la création, mais dépendant de la forêt pour survivre.
• Le message est clair :
o soit l’humain change radicalement son rapport à la nature,
o soit il sera éliminé, comme d’autres espèces avant lui.
• L’arbre n’est plus une ressource, mais un juge et un partenaire

.
4. Le rôle des passeurs


• Rose incarne la sensibilité nouvelle capable de dialoguer avec le vivant.
• L’Arbrophone symbolise la traduction nécessaire entre deux mondes : humain et végétal.
• Le roman nous invite à réveiller en nous la part de Rose : écouter les arbres, ressentir leur 
présence, et agir en conséquence.


5. Une fable politique et spirituelle


• Au-delà de l’écologie, le récit interroge la démocratie élargie : et si les arbres avaient droit à 
une représentation politique ?
• C’est aussi une quête spirituelle : les arbres sont présentés comme des êtres proches de 
l’immortalité, gardiens d’une sagesse ancestrale.
• L’œuvre rappelle que le salut ne viendra pas seulement de la science, mais aussi d’un 
changement de conscience.
 En résumé
Le message central du roman est que l’humanité doit cesser de se croire maîtresse de la nature. Les 
arbres ne sont pas du bois, mais des alliés et des juges. Soit nous apprenons à écouter leur voix et à 
vivre en équilibre avec eux, soit ils nous retireront le droit d’exister

Voici une fiche claire et synthétique des personnages principaux de La Voix de l’Arbre :


 Personnages principaux


Rose Monestier


• Jeune étudiante hypersensible, passionnée par les baleines et la communication animale.
• Souffre d’asthme et d’une perception exacerbée des bruits, odeurs et pollens.
• Accusée à tort du meurtre de son compagnon Aymeric.
• Devient la première humaine à communiquer avec un arbre grâce à l’Arbrophone.
• Évolue d’une jeune femme fragile et isolée à une figure politique et spirituelle, porte-parole 
des arbres.


Sylvain Wells


• Botaniste marginal, héritier d’une lignée de scientifiques (dont Edmond Wells, encyclopédiste 
des fourmis).
• Ancien militant écologiste désillusionné, marqué par un drame en Amazonie (mort de sa 
femme Waïri dans un incendie criminel lié aux multinationales).
• Solitaire, vit entouré d’animaux sauvés (chevaux, chèvre, renard) et d’arbres.
• D’abord sceptique, il devient l’allié et l’amant de Rose.
• Co-créateur de l’Arbrophone, qu’il conçoit comme une « pierre de Rosette » entre humains 
et végétaux.


Aymeric Monestier


• Fils de Pierre Monestier, compagnon de Rose.
• Présenté au départ comme sensible et amoureux des arbres, mais révélé ensuite comme 
architecte du système de coupes rases de la Monestier Corporation.
• Meurt écrasé par une branche d’Yggdrasil, que l’arbre affirme avoir volontairement laissée 
tomber pour protéger la forêt.
• Représente l’ambiguïté de l’écologie « de façade ».


Pierre Monestier


• Père d’Aymeric, industriel du bois et député écologiste médiatisé, surnommé « Robin des Bois 
français ».
• Derrière son image de bienfaiteur se cache un opportuniste cynique, orchestrant la 
destruction des forêts pour des profits colossaux (coupes rases, granulés de bois pour 
centrales électriques).
• Adversaire principal de Rose, qu’il tente de discréditer et d’intimider.
• Ambitionne la présidence de la République sous une étiquette écologiste, tout en incarnant la 
corruption et l’hypocrisie politique.


Yggdrasil


• Chêne millénaire de la forêt du Ciron, refuge et « compagnon » de Rose.
• Premier arbre à dialoguer via l’Arbrophone, confirmant avoir tué Aymeric.
• Symbole du lien sacré entre l’humain et la forêt, abattu par la Monestier Corporation.
• Laisse un héritage à travers ses glands, confiés à Rose pour une renaissance possible.


Pando


• Organisme unique de quarante-sept mille peupliers clonés, situé dans l’Utah.
• Âgé de 16 000 ans, considéré comme l’être vivant le plus vaste et le plus ancien de la planète.
• Porte-parole et « parlement » de la conscience végétale mondiale.
• D’abord hostile, il condamne l’humanité comme espèce nuisible, mais accepte finalement de 
laisser une dernière chance grâce à Rose.


Personnages secondaires marquants


• Olivier : père de Rose, colérique mais aimant, marqué par les tensions familiales.
• Hortense : belle-mère de Rose, distante mais qui finit par rejoindre la lutte.
• Capucine : sœur de Rose, soutien indéfectible.
• Garance Toussaint : forestière à l’ONF, alliée décisive pour dévoiler les magouilles de 
Monestier.
• Guillaume Aldebert : militant zadiste expérimenté, stratège de terrain.
• Lieutenant Giacometti & capitaine Tavanel : gendarmes d’abord sceptiques, mais qui 
assistent à la preuve scientifique de la communication avec Yggdrasil.

l’Arbrophone dans La Voix de l’Arbre et ses bases réelles dans les recherches sur les plantes.


 L’Arbrophone et la science des plantes


1. L’Arbrophone dans le roman


• Appareil inventé par Rose et Sylvain.
• Fonctionne en branchant des capteurs (Squid) sur le tronc pour capter les signaux 
électromagnétiques et vibratoires.
• Traduction via un programme informatique inspiré du travail de Rose sur les baleines (analyse 
de fréquences, nettoyage de signaux).
• Découverte clé : les arbres « parlent » sur la fréquence 1,618 Hz, liée au nombre d’or, 
symbole d’harmonie universelle.
• Résultat : l’arbre « répond » par des mots humains simples (oui / non, puis phrases traduites).
 L’Arbrophone est présenté comme une pierre de Rosette biologique, permettant de traduire le 
langage des arbres en mots humains.


2. Les bases scientifiques réelles


a) Communication électrique et sonore des plantes
• Des expériences (1970s – Cleve Backster, puis Monica Gagliano) ont montré que les plantes 
produisent des signaux électriques en réaction à des stimuli (coupe, brûlure, toucher).
• D’autres études ont détecté des vibrations ultrasonores émises par les racines ou les tiges, 
surtout en situation de stress (sécheresse, attaque).
• Les plantes « entendent » aussi : elles réagissent à des sons de mastication d’insectes ou à 
des fréquences de vibration de l’eau.
b) Le réseau mycorhizien : le “Wood Wide Web”
Suzanne Simard (Université de Colombie-Britannique) a montré que les arbres échangent des 
sucres, des nutriments et des signaux chimiques via des réseaux de champignons.
• Ces réseaux permettent de nourrir les jeunes pousses, alerter en cas d’attaque, ou punir les 
individus trop « égoïstes ».
• On parle de « réseau social des arbres » comparable à Internet.
c) Signaux chimiques (phytoncides, COV)
• Les arbres émettent des composés organiques volatils (COV) pour communiquer.
• Exemple : un acacia attaqué par une girafe augmente ses tanins et prévient les autres acacias 
par l’air.
• Les phytoncides jouent aussi un rôle dans le bien-être humain (effet positif mesuré lors des 
“bains de forêt” au Japon).
d) Mémoire et apprentissage des plantes
• Des expériences de Monica Gagliano ont suggéré que les plantes peuvent apprendre (ex. : 
désensibilisation au stimulus d’une chute répétée).
• Elles réagissent donc de manière adaptative, ce qui peut être vu comme une forme primitive 
d’« intelligence ».


3. Entre science et fiction


• L’Arbrophone extrapole ces découvertes :
o Les signaux électriques et vibratoires réels sont traduits directement en mots 
humains.
o L’idée de la fréquence unique (1,618 Hz) est une licence poétique : en réalité, les 
plantes utilisent une multitude de fréquences et signaux combinés.
o La personnification de l’arbre (« oui », « non », discours moral) reste une métaphore 
fictionnelle pour rendre visible ce que la science n’exprime qu’en graphiques et 
données.


4. Les implications scientifiques et philosophiques


• Le roman pose la question : et si les arbres avaient déjà un langage, mais que nous n’avions 
pas encore trouvé la clé de traduction ?
• En science, on parle d’interprétation anthropocentrée : traduire un signal biologique en mots 
humains peut être réducteur, mais ouvre une réflexion.
• L’Arbrophone, même imaginaire, symbolise la possibilité d’un dialogue élargi entre espèces : 
une utopie scientifique qui rejoint des enjeux réels en éthique environnementale.


 En résumé


L’Arbrophone est une invention de science-fiction, mais qui repose sur des bases scientifiques réelles :
• signaux électriques, sonores et chimiques des plantes,
• réseaux mycorhiziens comparables à Internet,
• mémoire et apprentissage végétal.


Werber pousse ces indices à l’extrême pour imaginer une machine de traduction universelle, 
transformant les arbres en interlocuteurs politiques et spirituels.
une fiche comparative claire et structurée entre les recherches scientifiques réelles et la fiction de 
Werber dans La Voix de l’Arbre.

 Recherche scientifique vs Fiction de Werber


1. Communication électrique et sonore


• Science réelle :


o Les plantes produisent des signaux électriques en réaction à des stimuli (expériences 
de Cleve Backster, Monica Gagliano).
o Certaines émettent des vibrations ultrasonores lorsqu’elles manquent d’eau ou sont 
attaquées.
o Elles « perçoivent » aussi certains sons (ex. : vibrations de l’eau, bruits de mastication 
d’insectes).


• Dans le roman :


o Ces signaux sont traduits directement en langage humain par l’Arbrophone.
o La communication se concentre sur une fréquence unique, 1,618 Hz (nombre d’or), 
symbole poétique d’harmonie.
o Les arbres peuvent formuler des réponses verbales simples, puis des discours 
structurés (Yggdrasil et Pando).
 Différence : la science constate des réactions mesurables, Werber les interprète comme un 
langage traduisible en paroles humaines.


2. Le réseau mycorhizien (« Wood Wide Web »)


• Science réelle :


o Suzanne Simard a prouvé que les arbres utilisent des réseaux de champignons pour 
échanger nutriments et signaux.
o Ces échanges permettent d’entraide (les grands arbres nourrissent les jeunes) ou de 
défense (alerte chimique en cas d’attaque).


• Dans le roman :


o Ce réseau devient un système de communication planétaire.
o Yggdrasil et Pando s’en servent pour transmettre des informations et coordonner les 
arbres du monde entier.
o Les arbres apparaissent comme une civilisation connectée, dotée d’une conscience 
collective.
 Différence : Simard décrit un réseau écologique, Werber l’élève au rang de système politique 
mondial.


3. Signaux chimiques (phytoncides, COV)


• Science réelle :


o Les arbres émettent des composés organiques volatils (COV) pour se défendre et 
alerter.
o Exemple : acacias qui préviennent leurs voisins en cas d’attaque de girafes.
o Les phytoncides ont aussi des effets positifs sur la santé humaine (d’où les « bains de 
forêt »).


• Dans le roman :


o Les arbres utilisent ces signaux comme outils de communication consciente.
o Rose est particulièrement sensible aux pollens et phytoncides, ce qui la rapproche 
des arbres (et symbolise l’alliance homme-nature).
 Différence : les COV sont scientifiquement défensifs/écologiques, Werber en fait un langage 
sensoriel.


4. Mémoire et apprentissage


• Science réelle :


o Monica Gagliano a montré que certaines plantes (ex. : mimosa pudica) « apprennent 
» : elles cessent de se refermer quand le stimulus répété devient inoffensif.
o Cela suggère une mémoire végétale et un apprentissage non neuronal.


• Dans le roman :


o Les arbres se souviennent d’expériences passées (Yggdrasil se rappelle Rose, Pando se 
souvient des dinosaures).
o Cette mémoire devient une histoire collective du vivant, transmise entre générations 
d’arbres.
 Différence : la science parle de mémoire biologique limitée, Werber en fait une mémoire 
culturelle universelle.


5. Traduction et humanisation


• Science réelle :


o Les chercheurs mesurent signaux électriques, chimiques ou sonores mais ne les 
traduisent pas en langage humain.
o Toute « voix » de l’arbre est une métaphore scientifique.


• Dans le roman :


o L’Arbrophone est une « pierre de Rosette » : il traduit directement les signaux en 
mots français.
o Cela permet aux arbres d’entrer dans la sphère politique et morale humaine 
(témoigner en justice, débattre avec Rose, juger l’humanité).
 Différence : Werber franchit la frontière symbolique → du signal biologique au discours 
intelligible.


 En résumé


• Simard, Gagliano, Wohlleben → montrent que les arbres communiquent, coopèrent et 
apprennent.
• Werber → extrapole ces faits pour créer une civilisation végétale consciente et politique.
• L’Arbrophone symbolise le passage de la science mesurée à la fiction spéculative : et si les 
arbres pouvaient parler notre langue et nous juger ?
Voici une fiche prospective qui met en parallèle :


1. Ce que dit la science aujourd’hui
2. Ce que Werber imagine demain dans La Voix de l’Arbre


 Plantes : Science actuelle vs Fiction de Werber


1. Communication sonore et électrique


• Science aujourd’hui :


o Les plantes produisent des signaux électriques en réaction à un stress (coupure, 
sécheresse).
o Elles émettent des sons ultrasonores détectables par des appareils sensibles.
o Certaines « perçoivent » les vibrations (sons d’insectes, bruit de l’eau).


• Werber demain :


o L’Arbrophone traduit ces signaux en langage humain.
o Les arbres peuvent dire « oui », « non », puis construire un discours intelligible et 
moral.
o L’homme et la forêt dialoguent directement comme deux civilisations.


2. Réseau mycorhizien (Wood Wide Web)


• Science aujourd’hui :


o Les arbres échangent nutriments et alertes via les champignons mycorhiziens.
o C’est une entraide écologique locale, prouvée en laboratoire et en forêt.


• Werber demain :


o Ce réseau devient une infrastructure planétaire de communication.
o Il connecte tous les arbres, permettant une conscience collective mondiale.
o Avec Pando comme « parlement végétal », les arbres délibèrent sur le sort de 
l’humanité.


3. Signaux chimiques (phytoncides, COV)


• Science aujourd’hui :


o Les plantes libèrent des composés volatils pour se défendre (toxines, tanins).
o Elles préviennent leurs voisines d’une attaque (ex. : acacias et girafes).
o Ces molécules ont des effets mesurables sur la santé humaine (bains de forêt).


• Werber demain :


o Ces molécules deviennent un langage sensoriel entre arbres et humains sensibles 
(Rose).
o Elles véhiculent émotions, intentions et même jugements.
o Le corps humain est vu comme un récepteur direct du message végétal.


4. Mémoire et apprentissage


• Science aujourd’hui :


o Des plantes apprennent à ignorer un stimulus inoffensif (ex. : mimosa pudica).
o On parle d’habituation, une forme de mémoire sans système nerveux.


• Werber demain :


o Les arbres conservent une mémoire collective multimillénaire.
o Ils se rappellent d’espèces disparues (dinosaures) et d’alliances passées avec les 
humains.
o Cette mémoire leur permet de juger l’homme et de décider de son avenir.


5. Politique et société


• Science aujourd’hui :


o Quelques États reconnaissent des droits à la nature (Équateur, Bolivie, fleuves en 
Nouvelle-Zélande et en Inde).
o Mais la représentation politique des arbres reste une idée philosophique, pas une 
réalité.


• Werber demain :


o Les arbres deviennent des citoyens politiques grâce à l’Arbrophone.
o Ils témoignent en justice, participent aux débats publics, pourraient siéger à l’ONU.
o L’humanité est sommée d’entrer dans une démocratie inter-espèces.
 Synthèse
• Aujourd’hui : la science prouve que les arbres communiquent, coopèrent et réagissent, mais 
sans « langage humain ».
• Demain chez Werber : cette communication devient un discours traduit, une conscience 
mondiale, une civilisation végétale qui exige sa place dans nos institutions.
 L’Arbrophone symbolise ce passage de la science mesurable à la politique spéculative : et si, au 
lieu de parler sur les arbres, nous pouvions enfin parler avec eux ?

Pour aller plus loin : 

Voici quelques pistes originales :


 Angles encore peu explorés


1. L’angle mythologique et symbolique


• Le choix du nom Yggdrasil (arbre-monde nordique) n’est pas anodin : Werber fait de l’arbre 
un pilier cosmique, à la fois refuge, juge et médiateur.
• La rencontre avec Pando peut être lue comme une descente aux enfers ou une rencontre 
avec un dieu pluriel, incarnation de la mémoire végétale de la Terre.
• Tu pourrais explorer comment le roman transpose des mythes anciens (oracles, arbres sacrés, 
figuier de Bouddha) dans un contexte scientifique moderne.


2. L’angle philosophique


• Le roman interroge la hiérarchie du vivant : les humains au sommet, ou une démocratie 
inter-espèces ?
• Werber suggère un renversement anthropocentrique : ce sont les arbres qui jugent 
l’humanité.
• Un développement possible : croiser ces thèmes avec les philosophies écocentriques (Arne 
Næss et la deep ecology) ou encore les réflexions sur le droit des non-humains (Latour, 
Descola).


3. L’angle scientifique et technologique


• L’Arbrophone est une invention fictive, mais qui repose sur de vrais indices scientifiques 
(ondes électromagnétiques des plantes, communication mycorhizienne).
• Tu pourrais creuser : quelles recherches réelles inspirent cette idée ? Quelles limites 
scientifiques et quelles pistes de recherche pourraient exister ?
• Cela permettrait un parallèle entre fiction prospective et écologie scientifique actuelle.


4. L’angle politique


• Rose fonde un parti (VDA) et propose d’intégrer les arbres dans les institutions.
• Cela ouvre une réflexion : à quoi ressemblerait une démocratie élargie aux non-humains ?
• Piste : relier cela à des expériences réelles, comme la reconnaissance de fleuves ou forêts 
comme personnes juridiques (Nouvelle-Zélande, Équateur, etc.).


5. L’angle psychanalytique / personnel


• Rose souffre d’asthme et d’une hypersensibilité : et si son corps traduisait la souffrance de la 
nature ?
• Le meurtre d’Aymeric par un arbre peut être lu comme une coupure symbolique : quitter une 
figure masculine destructrice pour s’unir à Sylvain, allié du vivant.
• La quête de Rose pourrait être analysée comme un parcours initiatique, entre mort, 
renaissance et intégration d’une mission supérieure.


6. L’angle narratif et littéraire


• Werber mélange thriller, essai encyclopédique, fable mythologique et manifeste écologique.
• Tu pourrais étudier ce mélange de genres comme une signature narrative : un roman hybride 
qui éduque autant qu’il divertit.
• Cela pourrait être l’occasion de comparer ce style à d’autres œuvres (par ex. La Vie secrète 
des arbres
de Wohlleben pour le documentaire, Avatar pour la fiction écologique, etc.).
Parfait Voici un développement structuré sur l’écologie politique selon Werber dans La Voix de 
l’Arbre.


 L’écologie politique selon Bernard Werber dans La Voix de l’Arbre


1. De la science à la politique


• Le roman part d’une enquête scientifique : inventer un outil (l’Arbrophone) pour traduire le 
langage des arbres.
• Mais très vite, Werber montre que la science seule ne suffit pas. Les preuves ne pèsent rien 
sans une bataille d’opinion et d’institutions.
• Rose passe donc de chercheuse et fugitive à porte-parole politique, incarnant l’idée que la 
survie de la planète se joue aussi dans les urnes et les médias.


2. Une critique de l’écologie institutionnelle


• Pierre Monestier incarne une écologie opportuniste et corrompue :
o député « vert » mais dirigeant d’une multinationale forestière destructrice,
o défenseur médiatique de la planète mais prédateur économique,
o candidat à la présidentielle, manipulant l’opinion par des slogans creux.
• Werber dénonce ainsi une écologie de façade, qui détourne les symboles de la nature à des 
fins électorales, sans rien changer en profondeur.


3. La proposition radicale de Rose


• Face à cela, Rose fonde un parti dissident, le VDA (Voix de l’Arbre).
• Son idée choc : donner aux arbres une représentation politique.
o Les arbres pourraient siéger à l’Assemblée via l’Arbrophone.
o À terme, ils pourraient même avoir un rôle à l’ONU.
• Ce projet, moqué et marginalisé, est pourtant une manière de poser la question : à qui 
appartient la parole politique ?
• Werber renverse l’anthropocentrisme : la démocratie ne devrait pas se limiter aux humains, 
mais inclure les autres vivants qui rendent la vie possible.


4. La lutte comme théâtre médiatique


• La ZAD décrite dans le roman illustre un point central : la politique moderne se joue aussi sur 
le terrain des caméras et des réseaux sociaux.
• Guillaume le dit explicitement : « La politique, c’est de la com’. »
• Les images de Rose arrêtée, de CRS face aux zadistes, ou de son discours devant la souche 
d’Yggdrasil sont des actes politiques performatifs : l’écologie devient un spectacle qui peut 
influencer l’opinion publique.


5. Écologie politique vs. écologie profonde


• À travers Yggdrasil et surtout Pando, Werber introduit une critique plus radicale : les arbres 
jugent les humains comme nuisibles.
• C’est une position proche de la deep ecology (Arne Næss) : l’homme n’a pas plus de droits 
que les autres espèces, et sa survie n’est pas garantie s’il détruit son écosystème.
• En politique, cela reviendrait à admettre que la nature ne doit plus être défendue seulement 
pour son utilité aux humains, mais pour sa valeur intrinsèque.


6. Un appel à réinventer la démocratie


• Le roman se termine sur une idée vertigineuse : inclure les arbres dans le cercle du dialogue 
politique.
• Cette utopie rejoint des démarches réelles :
o des fleuves reconnus comme personnes juridiques (Nouvelle-Zélande, Inde),
o des constitutions donnant des droits à la nature (Équateur, Bolivie).
• Werber invite donc à repenser la citoyenneté planétaire : l’homme n’est pas seul, il partage 
le monde avec d’autres formes de vie qui doivent avoir une voix.


 En résumé


L’écologie politique selon Werber est :
• une critique des écologies de façade et des compromissions électoralistes,
• une fable sur la nécessité d’élargir la démocratie au vivant,
• un ultimatum : sans transformation radicale, les arbres pourraient retirer leur tolérance à 
l’humanité.


La dimension mythologique dans La Voix de l’Arbre


1. Un récit fondateur proche du mythe


Le roman reprend la structure des grands mythes :
• Une héroïne élue (Rose) reçoit une mission dépassant son destin personnel.
• Elle affronte des forces hostiles (Monestier, les institutions, l’opinion publique).
• Elle vit un voyage initiatique (de la France à l’Utah, d’Yggdrasil à Pando).
• Elle accède à une révélation universelle : l’humanité doit changer ou disparaître.
 Ce schéma rappelle celui des mythes de création et de révélation : l’humanité reçoit un 
avertissement sacré et doit repenser sa place dans le monde.


2. L’arbre comme archétype universel


Werber s’appuie sur un imaginaire millénaire :

 

 
Yggdrasil : dans la mythologie nordique, c’est l’arbre-monde, reliant ciel, terre et enfers. Ici, il 
devient juge et protecteur.

 

L’arbre de Bodhi : Bouddha a atteint l’Éveil sous un figuier sacré. Rose, de son côté, trouve 
une révélation spirituelle sous l’arbre.


Le chêne de Dodone : oracle grec, où les prêtres interprétaient les bruissements des feuilles. 
Werber transpose cette idée avec l’Arbrophone.

 


 


Pando : organisme réel, mais transformé en Parlement des arbres, figure du dieu pluriel et 
millénaire.
 L’arbre est donc l’équivalent d’un dieu ancien : omniscient, relié à tout, dispensateur de savoir, 
mais aussi capable de juger et de punir.


3. La mort et la renaissance


• La mort d’Yggdrasil est une mise à mort sacrificielle, comme celle d’un dieu ancien.
• Mais ses glands deviennent des graines d’espoir, rappelant le mythe de la résurrection 
végétale (Perséphone, Osiris, Dionysos).
• Werber associe ainsi la biologie végétale à une symbolique sacrée : la forêt meurt, mais peut 
renaître si l’humanité accepte le pacte.


4. Les arbres comme dieux politiques


• Pando est décrit comme un Parlement, une assemblée bruissante de quarante-sept mille 
voix.
• Cela rejoint les mythes polythéistes où les dieux délibèrent pour décider du sort des hommes 
(Olympe grec, Asgard nordique).
• Mais ici, c’est une cosmogonie inversée : ce ne sont plus les dieux qui créent et jugent les 
hommes, mais les arbres — gardiens réels et concrets de la planète.


5. Un mythe moderne pour l’Anthropocène


• Là où les anciens mythes expliquaient l’origine du monde, Werber propose un mythe pour 
notre époque :
o l’humanité s’est crue toute-puissante,
o mais la nature reprend la parole et menace de retirer sa tolérance.
• Rose est la passeuse entre deux mondes, comme Moïse recevant les Tables de la Loi ou 
Orphée dialoguant avec les enfers.
• Le roman invente ainsi une mythologie écologique, adaptée à l’urgence climatique et à la 
crise de sens contemporaine.


 En résumé


La dimension mythologique de La Voix de l’Arbre transforme le roman en nouveau récit fondateur:
• Yggdrasil et Pando deviennent des figures divines, à la fois oracles et juges.
• Rose incarne la prophétesse, intermédiaire entre humains et arbres.
• L’histoire propose une cosmogonie pour l’Anthropocène, où l’avenir de l’humanité dépend 
de sa capacité à écouter la voix des forêts.
 

 

Source: ChatGPT et sources officiels (roman La Voix de l'arbre)  

 

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